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"Alors que se poursuit l'interminable épreuve, je souhaite vous dire que je n'oublie pas Ingrid Betancourt", écrit le président Jacques Chirac dans une lettre adressée à Yolanda Pulecio Betancourt, la mère de la sénatrice écologiste détenue depuis cinq ans par les rebelles d'extrême gauche en Colombie.
Dans ce message rendu public jeudi par l'Elysée, M. Chirac dit mesurer "l'angoisse d'être sans nouvelles et le poids des jours pour une mère qui attend sa fille".
"Tout ce qui est possible est fait pour hâter la fin de cette épreuve", assure-t-il. "C'est l'objet de la mobilisation permanente du gouvernement français, à laquelle je veille personnellement." Jacques Chirac insiste sur sa "détermination personnelle à obtenir au plus tôt sa délivrance".
"Je vous remercie d'être mon interprète auprès de vos enfants et petits-enfants pour les assurer que les autorités françaises poursuivent sans relâche leurs efforts pour mettre un terme à ce drame", ajoute-t-il. La fille d'Ingrid Betancourt, Mélanie, 21 ans, estime que la France ne fait pas suffisamment pression sur le président colombien Alvaro Uribe.
Réponse de Yolanda Pulecio
Dans sa réponse adressée ce matin au Président Chirac, Yolanda Pulecio affirme "sa conviction que la France a été à nos côtés et que votre gouvernement a agi sans relâche à la libération de ma fille" :
Monsieur le Président,
En ce jour qui marque la cinquième année de détention de ma fille Ingrid et de Clara, je me réveille avec votre message qui soulage mon cœur de mère - comme vous le dites si bien: « de mère qui attend sa fille ».
Si l’espoir ne m’a jamais quitté, c’est d’abord parce que, au fil des rencontres que j’ai eues lors de ce quinquennat avec Vous, Monsieur le Président, avec Dominique de Villepin, avec Philippe Douste Blazy et avec Michel Barnier en son temps, j’ai acquis la conviction que la France était à nos côtés et que votre gouvernement agissait sans relâche à la libération de ma fille. C’est aussi parce que j’ai pu suivre de près les démarches que vous avez entreprises auprès des gouvernements susceptibles d’apporter une aide particulière à la solution du drame que vivent Ingrid , Clara et les autres otages, ainsi que les missions conduites par l’émissaire français auprès des Farc et des autorités colombiennes. Et enfin, c’est parce que vous avez déjà sauvé la vie de ma fille en vous opposant aux opérations militaires de sauvetage.
Connaissant la complexité de la politique colombienne, je mesure bien les difficultés qu’il y a à parvenir à la libération d’Ingrid. Face à l’attitude d’ambigüité permanente du président Uribe et à la réplique calculée des Farc, Ingrid se trouve en fait être l’otage d’une guerre.
Dans l’inlassable recherche de la libération d’Ingrid, l’appui de la France est vital. A travers vous j’aimerais remercier toutes les françaises et les français qui en se mobilisant ont tissé autour d’Ingrid et des otages cette extraordinaire chaine de solidarité. Je vous prie, Monsieur le Président, de continuer à soutenir sa cause et de faire en sorte que la France d’après mai poursuive dans cette voie.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de La République, l’assurance de ma profonde gratitude et de celle de toute la famille, ainsi que de ma très haute considération.