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Les parents des otages des FARC demandent à Uribe de reconsidérer le sauvetage militaire

14/02/2007 - TeleSur

Depuis les déclarations des FARC qui ont annoncé lundi qui il n'y aurait pas d'échange humanitaire en Colombie, tant que le gouvernement du président Álvaro Uribe persisterait dans son projet de sauvetage militaire, un malaise règne dans la société colombienne, spécialement parmi les parents des personnes détenues par ce groupe insurgé.

Les parents des otages ont fait ce mardi appel au gouvernement du président colombien, Álvaro Uribe, pour qu'il revienne sur son projet de libérer les personnes en pouvoir du groupe insurgé par la voie militaire.

Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, détenue depuis février 2002 par les FARC, a exprimé au correspondant de TeleSUR en Colombie, Camilo Romarin, sa préoccupation devant le communiqué du groupe insurgé sur l'échange humanitaire.

Yolanda Pulecio considère que cette déclaration est une réponse aux déclarations constantes du président Álvaro Uribe, qui a affirmé à plusieurs reprises qu'il mènerait à bien des opérations militaires de sauvetage en dépit du refus des parents d'otages.

Elle a ajouté que "le président nous a constamment trompé. Au mois d'octobre il a indiqué qu'il acceptait de conclure un accord humanitaire et qu'il n'imposerait pas pas de conditions, mais après l'attentat à la bombe à l'Académie Militaire, le président a décidé au contraire de mener des opérations militaires de sauvetage ".

La mère de l'ex candidate présidentielle, a assuré qu'uribe met ainsi en danger la vie des kidnappés et de tous ceux qui sont au milieu de la forêt, en faisant ce type de déclaration.

"Le ministre de Défense Juan Manuel Santos, prétend que la Constitution impose à l'armée de délivrer les kidnappés, mais la même Constitution établit que l'État doit veiller à la vie et la liberté des prisonniers et ne peut pas mettre leur vie en danger" a rappelé Pulecio.

Pour sa part, Octaviano Montilla, parente d'un prisonnier politique colombien, a dénoncé qu'il lui était impossible de sortir dans la rue pour protester contre les décisions que, en matière de conflit armé, a prises le gouvernement.

"Nous n'avons pas la possibilité, par exemple, de nous rassembler et de sortir dans la rue avec nos T-shirts, parce que nous serions simplement menacés par les groupes paramilitaires en Colombie qui ont déclaré la guerre avec tout ce qu'ils assimilent à un soutien à la guérilla, a-t-elle déclaré.

Pour l'analyste Alfredo Rangel, directeur de la Fondation Sécurité et Démocratie, tant le gouvernement que les FARC "font de la musculation" pour atteindre leurs objectifs.

"Le gouvernement national annonce qu'il va mener des opérations militaires de sauvetage pour les prisonniers politiques des farc, précisément pour faire pression sur ces derniers;  et les FARC répondent de leur côté que si le gouvernement veut lancer ces sauvetages, ils refuseront de signer l'accord humanitaire, et c'est bien sur une mesure de pression pour que le gouvernement n'essaye pas de faire ces opérations, et puissent postérieurement négocier l'échange humanitaire", assure-t-il.

Lundi, le FARC a répondu au président Uribe, qu'il n'y aura pas de l'échange humanitaire humanitaire, si le Gouvernement insiste le sauvetage par la voie militaire.

Selon le droit international, l'accord humanitaire est un geste de pacification qui se déroule au milieu d'un conflit.


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