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Colombie : un ex-otage nommé ministre

21/02/2007 -

Fernando Araujo, ancien otage des FARC, vient d’être nommé ministre des Affaires étrangères par le président Uribe, alors que, cinq ans après l’enlèvement d’Ingrid Betancourt, la polémique ressurgit sur la question des otages et des liens entre le pouvoir et les groupes paramilitaires d’extrême droite.

Son évasion avait fait la Une des médias il y a quelques semaines. Le 31 décembre dernier, profitant d’un raid de l’armée colombienne, Fernando Araujo s’enfuyait du camp où il était retenu prisonnier par les FARC depuis six ans. Après cinq jours de marche dans la jungle, il rentrait finalement à bon port. Une défaite cuisante pour les FARC, qui tenaient là leur otage le plus prestigieux, ancien ministre du développement sous la présidence d’Andres Pastrana, prédécesseur d’Alvaro Uribe.

Moins de deux mois après la spectaculaire évasion qui a ému toute la Colombie, l’actuel président a nommé Fernando Araujo au poste de ministre des Affaires étrangères. Et déjà, le nouveau chef de la diplomatie colombienne a relancé l’éternel débat sur l’attitude à adopter pour libérer les 58 d’otages qui restent aux mains des FARC – négociations ou manière forte –, se prononçant nettement en faveur du deuxième argument (stratégie qui a réussi dans son cas). Une prise de position qui critique au passage l’attitude de la France à ce sujet, qui a toujours favorisé les pourparlers.

Et Paris d’être pris en étau entre les signaux parfois contradictoires qui émanent de Bogotá et l’impatience bien compréhensible du comité de soutien pour la libération d’Ingrid Betancourt (le 23 février, la franco-colombienne aura passé 5 ans en détention). Sa fille, Mélanie Delloye, a en effet interpellé vivement le Premier ministre Dominique de Villepin, au micro de RTL, sur son « manque de volonté politique » dans la gestion de ce dossier, et sur le fait que tous les moyens de pression, notamment en cherchant du côté des Etats-Unis, dont « on connaît l’influence sur la Colombie », n’ont pas été mis en œuvre.

Mais derrière la nomination de Fernando Araujo, ce sont aussi les rapports entre le pouvoir et les groupes paramilitaires d’extrême droite qui apparaissent au grand jour. Son prédécesseur et homonyme au ministère, Maria Consuelo Araujo, a dû démissionner après que son frère, le sénateur Alvaro Araujo, a été interpellé et accusé d’avoir des liens avec les groupes paramilitaires – son père et un autre frère font aussi l’objet d’une enquête de la Cour suprême ; la Cour suprême qui a déjà mis sous les verrous cinq congressistes, d’après l’AFP. Des liens qui pourraient remonter jusqu’au président Uribe lui-même. C’est ce qu’essaye de démontrer un sénateur de gauche qui enquête dans le département d’Antioquia, où Uribe était gouverneur. Avant son arrestation, Alvaro Araujo aurait déclaré: « S'ils (les juges) viennent me chercher, ils iront également chercher ma sœur et le président Alvaro Uribe »…


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