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A quelques jours du cinquième anniversaire vendredi de l'enlèvement d'Ingrid Betancourt, le président colombien Alvaro Uribe affirme disposer d'informations selon lesquelles l'otage franco-colombienne "se trouverait à l'étranger" et demande l'aide de la France pour "localiser l'endroit où se trouvent les otages" des FARC.
Dans une interview accordée au magazine "L'Express", au journal du "Figaro" et à la chaîne de télévision France-2, M. Uribe déclare que les autorités colombiennes ont "reçu ces dernières semaines des informations selon lesquelles (Ingrid Betancourt) se trouverait à l'étranger". "Il est possible que les FARC l'aient exfiltrée et qu'elle se trouve maintenant hors de la Colombie", ajoute-t-il. Interrogé sur la possibilité que ce pays soit l'Équateur ou le Venezuela, il répond: "Je ne me réfère à aucun pays en particulier."
Ingrid Betancourt, candidate écologiste à la présidentielle colombienne, a été enlevée le 23 février 2002 avec sa directrice de campagne Clara Rojas, sur une route du sud de la Colombie, par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (extrême gauche). De nombreuses manifestations ont été organisées cette semaine pour marquer le cinquième anniversaire de son enlèvement. La dernière preuve de vie obtenue par la famille Betancourt remonte à quatre ans.
Critiqué en France par la famille et les comités de soutien de la sénatrice écologiste, Alvaro Uribe rétorque: "Ce n'est pas moi qui ai enlevé Ingrid Betancourt. Elle était déjà otage lorsque j'ai pris mes fonctions en 2002."
Pour lui, "il ne faut pas se montrer faible avec les terroristes, mais au contraire les affronter avec toute la détermination nécessaire". "C'est pourquoi nous allons continuer à chercher à obtenir, tous les jours, soit un accord humanitaire raisonnable, soit la libération par des moyens militaires", explique le président colombien. "(La France) ne doit pas seulement se préoccuper de l'accord humanitaire; il doit aussi nous aider à libérer les otages!"
Toutefois, "si j'ai la garantie que les guérilleros libérés de prison ne reprendront pas aussitôt les armes, mais s'en iront en France, en Espagne, avec l'accord de ces pays, ou encore qu'ils intégreront, en Colombie, un de nos programmes de réinsertion à la vie civile, alors mon gouvernement est prêt à les libérer", affirme-t-il.
M. Uribe exclut une participation française à la libération des otages, mais souhaite que Paris aide la Colombie "à localiser l'endroit où se trouvent les otages. Nous verrons alors comment organiser leur libération. Il est très important de savoir si Ingrid Betancourt se trouve en Colombie ou si elle a été emmenée dans un pays étranger."
Commentaires d'Astrid Betancourt sur France 2
"Je pense qu'Ingrid est vivante. si elle est vivante, nous avons encore besoin de toute la mobilisation des Français et du soutien que nous avons eu du gouvernement français pour continuer à oeuvrer pour qu'il y ait cet accord humanitaire ou toute voie négociée qui mène à la libération des otages", a expliqué Astrid Betancourt sur France-2.
Alors que le président Alvaro Uribe a expliqué à plusieurs médias français que l'otage pourrait avoir été transférée à l'étranger par les FARC, elle a estimé qu'il s'agissait de rumeurs. "Mais pourquoi pas. Cela voudrait dire peut-être qu'ils veulent la préserver des opérations militaires mises en place par le gouvernement colombien et que donc ils mettent à l'abri les otages derrière les frontières des pays".
"Si les États-Unis avaient jugé qu'il était possible de libérer les otages par la force sans prendre de risque pour leur vie, ils l'auraient déjà fait pour les trois (otages) américains", a poursuivi Astrid Betancourt. "Pour nous, ce qui est primordial, c'est que l'accord humanitaire est le seul moyen pour libérer les otages sans prendre de risques pour leur vie".
Les comités de soutien et Astrid Betancourt au Quai d'Orsay
Un comité de soutien parisien à Ingrid Betancourt a annoncé mercredi soir son refus de répondre à une invitation du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy à l'occasion du cinquième anniversaire de son enlèvement par les FARC.
En revanche, la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt, qui représentent plus de 55 comités en France et à l'étranger, fait savoir qu'elle sera bien reçue par le ministre en présence de la soeur d'Ingrid Betancourt, Astrid.