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Ingrid Betancourt: 3 ans de captivité

24/02/2005 - Yahoo.fr

 La France a appelé mercredi "les parties colombiennes" à "prendre des décisions concrètes" pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, qui entame sa quatrième année de captivité aux mains des rebelles des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

"C'est aux parties colombiennes qu'il revient de prendre désormais les décisions concrètes pour progresser sur cette voie", a déclaré à la presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous.

La France est prête à "rechercher, avec elles, les conditions d'une solution humanitaire", a-t-il précisé, alors que des rumeurs font état de négociations secrètes entre Paris et la guérilla marxiste pour sa libération.

Le président Jacques Chirac a adressé un message de soutien et de solidarité à la famille d'Ingrid Betancourt.

Un rassemblements de soutien à Ingrid Betancourt a eu lieu devant la cathédrale Notre-Dame mercredi soir à Paris au cours duquel sa fille Mélanie a demandé l'aide du gouvernement français pour libérer sa mère. "Les Farc ne donnent aucune preuve de vie de maman et nous sommes très, très inquiets", a-t-elle dit.

L'ancienne candidate des Verts à la présidence colombienne, pasionaria politique connue pour ses coups d'éclat contre la corruption, a été enlevée le 23 février 2002 près de Florencia, à 600 km au sud de Bogota.

A l'occasion de cet anniversaire, l'existence de négociations secrètes déjà anciennes entre Paris et la guérilla a été rapportée mardi par le quotidien colombien El Tiempo.

Selon ce journal, le "ministre des affaires étrangères" des FARC, Rodrigo Granda, arrêté le 13 décembre, "était en contact avec la France" pour libérer Mme Betancourt.

Le journal affirme que Granda aurait été reçu en avril 2004 par l'ambassadeur de France à Caracas, afin de négocier directement cette libération. L'avocat de Granda a pour sa part indiqué à l'AFP que son client avait entrepris des négociations avec "divers gouvernements, dont la France", et que ces démarches "étaient alors en bonne voie".

Alors que le gouvernement colombien a qualifié cette information de fausse et "sans fondement", à Paris, le ministère des Affaires étrangères s'est borné à réaffirmer mardi soir la nécessité de la "discrétion" dans toutes les affaires d'otages.

Au moment de sa capture, Ingrid Betancourt, qui possède la double nationalité française et colombienne, tentait de se rendre dans l'ancien fief des FARC, une zone démilitarisée grande comme la Suisse (42.000 km2) après la rupture du processus de paix de cette guérilla avec le pouvoir.

Depuis, la mobilisation et le soutien de ses proches, en France comme en Colombie, de même que les initiatives côté français, ne sont pas parvenues à faire retrouver la liberté à cette femme de 43 ans qui a été l'élève du ministre français de l'Intérieur, Dominique de Villepin, à l'Institut d'études politiques de Paris, dont elle est diplômée.

M. de Villepin a déclaré mercredi qu'il "veut croire" aux espoirs de libération d'Ingrid Betancourt.

"Nous avons beaucoup travaillé pour faire en sorte que les Nations unies puissent s'impliquer, que des pays médiateurs, comme la Suisse, puissent en liaison avec nous essayer d'avancer sur cette voie pour tisser un lien entre le gouvernement colombien et les FARC", a dit le ministre.

"Notre devoir c'est d'essayer de maintenir cette chance vivante et de les arracher à la jungle, à cette condamnation à mort lente qui est pour nous tout à fait insupportable", a ajouté M. de Villepin.


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