|
||||||
Josephine Rosano passe les jours en priant. Chaque jour quand elle se lève, elle pense d'abord que tout cela n'est qu'un cauchemar. Elle essaye de respirer tranquillement, mais elle doit en revenir à la triste réalité. Il y a deux ans, le 13 février 2003, elle a reçu les pires nouvelles de sa vie. Son fils Marc Gonsalves avait été kidnappé en Colombie avec ses compagnons Keith Stansell et Thomas Howes.
A Bristol, Connecticut (Etats-Unis), où elle vit actuellement, les nouvelles sur la Colombie ne font pas la une. Aujourd'hui, on sait que la guérillero « Simón Trinidad» est emprisonné dans son pays et que plusieurs juges le jugeront pour terrorisme - entre autre pour le kidnapping de leur fils, le meurtre d'un de ses compagnons, et pour appartenir à une organisation terroriste internationale, appellation utilisée aux USA pour désigner les Farc.
Depuis sa maison, Jo a été interviewée par le journal El Espectador. Elle met en question le rôle de l'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, William Wood, dans la question du kidnapping de son fils. Elle rejette une opération de sauvetage et si applaudit les tentatives du président Álvaro Uribe pour conclure un échange humanitaire, elle regrette de ne pas l'avoir rencontré quand elle est venue en Colombie.
Quelles nouvelles avez-vous reçues de votre fils, deux ans après le kidnapping ?
Le seul message que j'aie reçu du gouvernement américain est : “ nous faisons ce que nous pouvons ”. Je sais que c'est un mensonge, parce qu'ils disent la même chose depuis deux ans, et Marc, Thomas Howes et Keith Stansell sont toujours détenus.
Et du côté du gouvernement colombien, avez-vous communiqué avec le président Álvaro Uribe ?
Je n'ai eu aucune communication avec le président Uribe. Quand j'ai été en Colombie, en août 2004, je lui ai écrit une lettre en sollicitant une rencontre, mais il n'a jamais répondu. J'ai été en contact avec un membre du Congrès qui m'a promis d'arranger une réunion, mais finalement elle n'a pas eu lieu.
Et à qui avez-vous parlé ?
Avec Darío Mejía, conseiller du Haut Commissaire pour la Paix, qui m'a expliqué la situation avec les Farc. Il m'a mieux reçue que l'ambassadeur William Wood.
Et quel a été le rôle de l'ambassadeur des USA en Colombie, dans votre cas ?
Monsieur Wood ne m'a absolument pas aidée. Il a dit la même chose que le Département d'État. Du vent...
Le gouvernement colombien se préoccupe-t-il de la situation de Marc Gonsalves ?
Je peux dire que le président Uribe a fait plus que le président Bush. Il a fait plusieurs propositions aux Farc pour un échange humanitaire et j'ai l'espoir qu'un jour les parties arriveront à un accord.
Que pensez-vous d'une opération de sauvetage ?
Surtout qu'ils n'essayent pas de libérer mon fils. Ce serait son arrêt de mort. Je ne crois que dans un échange humanitaire.
Avez-vous communiqué avec quelqu'un des Farc ?
Non, mais j'aimerais bien.
Certains gouvernements travaillent-ils pour la libération des Américains ?
Je crois que le gouvernement italien m'aide, d'une certaine manière.
Et la Maison Blanche ?
Ils ne s'y intéressent pas. La seule chose qui les préoccupe, c'est l'Irak
Les Nations Unies et la Colombie ont suspendu la politique de bons offices qui cherchait un dialogue avec les Farc. Qu'est-ce que cela signifie pour vous?
Dans cette situation, qui pourra maintenant aider Marc, Tom, Keith, Íngrid et les autres kidnappés , à part le Bon Dieu...?
Votre fils avait-il été prévenu de ne pas voyager en Colombie ?
Je n'en sais rien.
Si par hasard cet article arrivait entre les mains de votre fils, que voudriez-vous lui dire ?
À Marc, à Tom et à Keith : Soyez courageux, gardez votre foi forte. Marc, n'oublie pas que je t'aime et que je poursuivrai la lutte pour obtenir ta libération. Je sais que Dieu est celui peut tout. Je t'aime. Marc, Tom et Keith, que Dieu vous bénisse.
L'histoire de Marc, Tom et Keith
Le 13 février 2003, les américains Keith Stansell, Marc Gonsalves, Thomas Howes, Thomas Janis et le colombien Luis Alcides Cruz étaient à 14 mille pieds d'altitude au-dessus des forêts de Caquetá. Au service de l'entreprise Californie Microwavw Systems, leur tâche était de rassembler des information et de prendre des photos sur les cultures de coca présentes dans la zone.
Ce jour-là, comme ils l'ont raconté eux-mêmes sept mois après, quand on a reçu des preuves de survie, “ le moteur a cafouillé, puis a stoppé ”. Leur Cesna 208 a fait un atterrissage de fortune et une fois à terre ils ont été enlevés par les Farc.
Comme le raconte Marc Gonsalves, ils ont été divisés en deux groupes. Marc et ses actuels compagnons de captivité sont partis d'un côté, tandis que Thomas Janis et le colombien Luis Alcidez Cruz partaient de l'autre. Quand il a demandé de leurs nouvelles, on lui a dit qu'ils avaient été assassinés.
Selon l'ambassadeur des Etats-Unis en Colombie, William Wood, “ ce sont les américain qui sont le plus souvent kidnappés partout dans le monde ”. Cependant, a affirmé le diplomate “ nous ne négocions jamais avec des terroristes, même quand nos propres citoyens sont entre leurs mains”.
Marc Gonsalves
Marc a 34 ans. Il est analyste de systèmes, d'origine portugaise et il a travaillé pour la Force Aérienne de son pays pendant dix années. Il a seulement un frère, Michael, six ans plus jeune que lui.
Keith Stansell
Il a 40 ans. Il est aussi analyste de systèmes. Il est le compagnon de Patricia Medina (une Colombienne) qui, contrairement à la mère de Marc Gonsalves, est pour une opération de sauvetage.
Thomas Howes
Il est le seul du groupe qui parle Espagnol. Il a 52 ans et il est pilote professionnel. Il est marié avec Mariana, originaire du Pérou, et il a un fils dont le nom est Tomasito Santiago.