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Ingrid Betancourt entame sa 4ème année comme otage de la guérilla en Colombie

21/02/2005 - Courrier international

La franco-colombienne Ingrid Betancourt entame mercredi sa quatrième année dans la jungle comme otage de la guérilla alors que les perspectives d'un échange de prisonniers entre le gouvernement et les rebelles semblent de plus en plus éloignées.

Yolanda Pulecio, la mère de l'ex-candidate des Verts à la présidentielle en Colombie enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombiemarxistes) le 23 février 2002, ne dissimule pas son pessimisme, estimant que "pour parvenir à un accord humanitaire la situation actuelle est mauvaise".

"Je n'attends plus rien du président Alvaro Uribe, c'est un homme insensible qui ne pense qu'à sa réélection. Il est dominé par les Américains et par les paramilitaires", déclare à l'AFP Mme Pulecio.

Depuis des mois, le gouvernement et la guérilla affirment l'un et l'autre être favorables à un échange d'otages des FARC contre des rebelles détenus dans les prisons colombiennes mais s'affrontent en permanence sur ses modalités, notamment sur les lieux de négociation.

Dans les conditions actuelles les deux camps semblent peu enclins à négocier mais refusent de porter la responsabilité d'un échec.

Ingrid Betancourt "est en bonne santé, comme les autres otages. Mais Uribe leur interdit toute possibilité de retrouver la liberté en dépit de l'échange proposé par les FARC", a affirmé lors d'une interview publiée début février Raul Reyes, le commandant des FARC.

La famille d'Ingrid n'a plus reçu aucune preuve de sa survie depuis mai

Yolanda Pulecio poursuit inlassablement sa lutte en faveur de la libération d'Ingrid, se levant tous les matins à quatre heures pour participer à une émission de radio destinée à envoyer des messages d'espoir aux otages.

Cette semaine un immense portrait d'Ingrid va être affiché sur la façade de la mairie de Bogota. Par solidarité, des parlementaires français et belges sont venus en Colombie pour ce triste anniversaire. Une messe va être célébrée dans la cathédrale de la capitale.

Et le président français Jacques Chirac a une nouvelle fois exprimé le 10 février son "inquiétude sur la situation d'Ingrid Betancourt" au cours d'un entretien téléphonique avec son homologue colombien.

L'ex-sénatrice possède la double nationalité française et colombienne depuis son premier mariage avec un diplomate français, Fabrice Delloye, dont elle a eu deux enfants, Mélanie et Lorenzo.

Toutefois Ingrid n'est pas très populaire en Colombie, contrairement à la France et à d'autres pays de l'Union européenne. Elle ne mobilise pas les foules dans un pays où plus de 1.600 otages sont détenus par les Farc, dont 21 responsables politiques, une cinquantaine d'officiers de l'armée et trois Américains.

Les interventions répétées et insistantes de la France pour obtenir sa libération ont déjà provoqué une crise diplomatique entre les deux pays et exaspèrent la présidence et les dirigeants colombiens.

Les accusations permanentes et souvent virulentes des membres de la famille contre le président Uribe, qui a conquis sa popularité en rétablissant la sécurité sur une partie du territoire colombien et en luttant contre la guérilla, contribuent largement à cette exaspération.

"Même les meilleurs copains d'Ingrid pensent que les Français exagèrent, qu'ils ont surdimensionné son personnage semblant oublier qu'il y a içi beaucoup d'autres otages. Mais si cela doit permettre sa libération, tant mieux", dit Liliane Estefan, une architecte, amie d'enfance d'Ingrid.


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