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« Abandonnerez-vous définitivement le kidnapping ? »

06/12/2008 - Semana

C'est la question, franche et directe que pose aux Farc un groupe d'intellectuels, dans une lettre où ils déclarent à la guérilla qu'ils sont disposés à un dialogue par écrit.

En premier lieu, il y a eu la lettre de centaines de Colombiens qui, le 11 septembre passé, ont demandé aux Farc d'ouvrirune voie au dialogue et à l'échange humanitaire.

Ensuite, le 16 octobre, est arrivée la réponse des Farc, signée par le Secrétariat, dans laquelle ils déclaraient « examiner une issue politique au conflit, l'échange humanitaire et la paix ».

Et voici maintenant une troisième missive, signée par des intellectuels, des journalistes, des dirigeants sociaux politiques, et des milliers de citoyens ordinaires, qui posent aux Farc la question à un million de dollars : "êtes-vous disposés à abandonner de manière définitive la pratique du kidnapping ?"

Alors que le président Álvaro Uribe a fermé toute possibilité de dialogue avec les Farc et continue la recherche de kidnappés dans la forêt, quelque 25 mille personnes ont décidé d'ouvrir cette voie pour parler de paix et d'échange humanitaire.

« Nous croyons que la pratique du kidnapping est en soi déjà inhumaine, et elle ne peut pas être défendue sans qu'en même temps on ne s'engage dans le terrain boueux où on met en avant la devise "la fin justifie les moyens", disent-ils.

Cette troisième lettre de l'échange epistolar (la deuxième étant celle envoyée par les intellectuels) rappelle aux Farc l'intention d'abandonner le kidnapping qu'avaient exprimé parfois Manuel Marulanda et Jacobo Arenas:

« Nous rappelons que le Secrétariat des FARC-EP, alors sous la direction Manuel Marulanda Vélez et de Jacobo Arenas, et approuvé conjointement par Raúl Reyes et Alfonso Cano le 28 mars 1984, avait déclaré  "Nous nous référons au second paragraphe de l`Accord de la Uribe, dans lequel nous envisageons d'abandonner le kidnapping comme arme politique et économique". Cette prise de position a été reçue avec une immense satisfaction pour l'opinion publique et dans le court terme elle a sauvé de l'effondrement le processus de Paix qui avait des ennemis puissants. Ce sujet a un lien étroit avec l'esprit du DIH (Droit International Humanitaire) et, spécialement, avec les conventions de Genève (Protocole II) ».

La lettre est signée, entre autres, par la sénatrice Piedad Cordoba, Daniel Samper Pizano, Luis Eladio Pérez, Florence Thomas, Darío Arizmendi et 25 mille autres personnes qui veulent savoir quelle est l'intention des Farc à ce sujet.

« Dans la majorité des pays de notre continent,  des mouvements et des personnes engagées dans le changement social, l'inclusion éthnique, le développement démocratique et la mise en place de politiques internationales indépendantes ont accédé à la direction de l'Etat. Nous croyons que dans ces pays, la Paix en Colombie compte des alliés inconditionnels. Les perspectives, certainement différenciées, que ces gouvernements offrent, représentent sans doute un horizon politique encourageant et intéressant », souligne la missive, dans laquelle les signataires attendent dans les plus courts délais une réponse à cette question importante.


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