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La Colombie en examen à l'ONU; les ONG dénoncent une augmentation des violations

10/12/2008 - La Jornada, Le Temps, Colombia Reports, 123 Chile

Dès qu'elles en ont l'occasion, les autorités colombiennes brandissent l'arsenal statistique qui atteste d'un reflux de la violence dans le pays depuis la première élection d'Alvaro Uribe à la présidence, en août 2002.

«Mais le gouvernement présente des taux d'homicides en général qui ne sont pas des indicateurs en matière de droits de l'homme», a souligné mardi Isabelle Heyer, représentante devant les Nations unies de la Commission colombienne des juristes (CCJ). Or, «on constate que les violations, telles que les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées, ont augmenté depuis cette date». Tel est le constat alarmant dressé par un collectif d'ONG dans un rapport transmis au Haut-Commissariat pour les droits de l'homme. Ce document, au côté d'une compilation des recommandations de l'ONU et du rapport de l'Etat colombien, servira de base aux débats, ce mercredi, lors de l'examen périodique universel de la Colombie au Palais des Nations. Le bilan du pays en matière de droits de l'homme sera évalué par ses pairs.

14000 morts ou disparus

«Depuis août 2002, plus de 14000 personnes sont mortes ou ont disparu hors combats pour des raisons sociopolitiques», a indiqué Gustavo Gallon, le président de la CCJ lors d'un entretien avec la presse. «Dans la plupart des cas, la responsabilité de l'Etat est engagée, de manière directe ou par le biais de son soutien aux groupes paramilitaires. Un quart des cas peuvent être attribués aux guérillas.» Le plus grave, déplore cet activiste, est l'impunité, massive, et les pressions qui s'exercent sur le système judiciaire. «Le gouvernement véhicule l'image d'une Colombie qui a dépassé la guerre, en train de construire la paix. En réalité, ce n'est pas le cas», a martelé Aida Quilcue, du Conseil régional des indigènes du Cauca.

Sollicitées par Le Temps, les autorités colombiennes ne souhaitaient pas s'exprimer à la veille de l'examen. Elles seront représentées par le vice-président, Francisco Santos Calderon.


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