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Libération d'otages en Colombie: Uribe refuse toute autre ...

23/12/2008 - AFP, Angola Press, El Pais, XinHua

Le gouvernement colombien veut que la libération d'otages annoncée dimanche par les Farc se déroule seulement via le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et n'acceptera pas de médiation internationale, a déclaré lundi le président Alvaro Uribe.

"Si (les Farc) les libèrent ici, ils ont le CICR mais nous n'allons pas permettre (...) qu'on affecte nos relations internationales en impliquant la communauté internationale", a déclaré M. Uribe à l'occasion d'une allocution publique à Bogota.

Les Forces arméesrévolutionnaires de Colombie (Farc) ont annoncé leur intention de procéder unilatéralement à la libération de six otages, deux hommes politiques et quatre militaires, selon un communiqué diffusé dimanche par l'agence Anncol sur internet.

Les rebelles ont précisé que les otages seraient remis à une "commission", dirigée par la sénatrice de l'opposition colombienne Piedad Cordoba, qui a souhaité une nouvelle fois l'aide du président vénézuélien Hugo Chavez pour faciliter cette libération.

Le président Uribe avait abruptement mis fin à la précédente mission de médiation à laquelle participait Caracas en 2007, avant même qu'elle ne débouche, au début de l'année, sur la libération unilatérale de six otages, dont Clara Rojas, l'ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt.

"Le gouvernement accorde, comme toujours, toutes les garanties via le CICR mais, a ajouté à cet égard M. Uribe, je crois qu'impliquer des personnalités internationales finit par créer des difficultés dans les relations du pays".

"Nous avons déjà mis en garde le terrorisme et les politiciens locaux qui sont dans ce jeu politique que le gouvernement ne permettrait pas que l'on fasse courir des risques aux relations internationales en impliquant des personnalités de la communauté internationale", a conclu M. Uribe.

Le bureau politiquedes Farc dans son communiqué, daté 17 décembre, a annoncé "la libération prochaine unilatérale de six prisonniers", ajoutant que "les conditions - comment, quand et où - seraient précisées en temps utile".

Le CICR de son côté s'est dit prêt lundi à participer à la libération unilatérale de six otages des Farc au moment voulu, a indiqué Yves Heller, porte-parole de l'organisation en Colombie, qualifiant de "bonne nouvelle" l'annonce des Farc.

"Le CICR est prêt et disposé à offrir ses bons offices dans l'éventuelle libération de ces personnes", a déclaré à l'AFP M. Heller.

Toutefois le représentant du CICR a appelé à la prudence et la discrétion soulignant qu'"une libération s'annonce très rapidement mais exige du temps avant d'être menée à bien".

"Nous lançons un appel à la prudence car généralement les annonces de libération peuvent être faites très rapidement mais il faut beaucoup de choses pour qu'elle ait lieu, comme la logistique, par conséquent cela requiert de la discrétion et beaucoup de patience", a-t-il souligné.

La "médiatrice"avait souhaité l'aide de Chavez

La sénatrice colombienne Piedad Cordoba, désignée par la guérilla des Farc comme son interlocutrice en vue de la libération unilatérale dans les semaines qui viennent de six otages politiques, avait souhaité dimanche l'aide du président vénézuélien Hugo Chavez.

"Espérons que le président Chavez pourra nous accompagner, mais je pense aussi clairement qu'il faut consulter le gouvernement car c'est une affaire colombienne", a-t-elle déclaré à la radio RCN.

Auparavant, la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) avait annoncé dans un communiqué diffusé sur internet son intention de libérer prochainement six de ses otages dits politiques. Les Farc avaient précisé qu'ils seraient remis "en temps voulu", à une commission dirigée par cette sénatrice d'opposition.

Cette dernière a souhaité que la libération se déroule "avec toutes les garanties". "Et je serai très reconnaissante au président Chavez s'il pouvait contribuer", a-t-elle ajouté.

Hugo Chavez avait mené en 2007 une mission de médiation qui avait été abruptement interrompue par Bogota à la fin de l'année.  

Sa mission, à laquelle participait également Piedad Cordoba, avait débouché sur la libération unilatérale de six otages au début de l'année 2008, dont Clara Rojas, l'ex-directrice de campagne de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, enlevée comme elle en 2002.


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