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« Ni les FARC ni Uribe ne cherchent à négocier »

13/12/2008 - UniVision

QUITO -  Ingrid Betancourt a déclaré à une revue équatorienne que ni les FARC, à cause de leur position radicale, ni le président colombien, Álvaro Uribe, à cause des succès qu'il a récoltés par la voie militaire, n'ont « le moindre intérêt pour des négociations de paix ».

« Succès militaires »

Dans une entrevue diffusée par la revue hebdomadaire Vanguardia, Ingrid Betancourt, qui a visité Quito la semaine passée, affirme qu'elle ne voit  « aucune des deux parties qui ait objectivement de l'intérêt pour une négociation de paix ».

Dans le cadre de son explication sur l'actuelle situation des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), l'ex otage a jugé que ce groupe armé « n'a jamais considéré la paix comme une alternative », et qu'il avait au contraire utilisé cette possibilité « comme un moyen d'étendre son espace militaire et politique ».

De même, la franco-colombienne a spécifié que « du côté du Gouvernement Uribe, les grands succès ont été militaires », et elle a ajouté que c'est la raison pour laquelle elle ne croit pas que « le président Uribe éprouve la nécessité, entre guillemets, d'avancer vers un processus de paix ».

Ingrid Betancourt a indiqué que pour faire un pas en avant vers la résolution du conflit, il faudrait créer un nouveau scénario où on n'abandonnerait pas la pression militaire, mais dans lequel on ouvrirait en même temps de nouveaux espaces politiques, et où on tiendrait « un discours qui permette un rapprochement respectueux ».

Recheche d'aide en Amérique Latine

« Je suis très préoccupée, parce qu'un peut constater qu'il n'y a aucun contact entre le Gouvernement et les FARC, et qu'il y a une situation bloquée, sans espoir pour mes compagnons de détention », a affirmé Ingrid Betancourt.

C'est la raison pour laquelle l'ex otage vient d'entamer une tourne en Amérique latine pour solliciter le soutien de ses dirigeants, et elle annonce qu'elle espère que « si il existe une volonté, chez les différents chefs de l'Amérique latine, de contribuer à une réflexion pour la libération des kidnappés », cela pourrait « faire avancer les choses ».

Entretemps, Ingrid Betancourt a aussi analysé le fonctionnement interne de la guérilla et elle affirme que, selon elle, les FARC « tournent le dos au pays, et ont une connaissance très limitée de la réalité de la Colombie ». Elle a ajouté qu'à l'heure actuelle « la guérilla est bloquée», ce qui lui fait craindre que cela ne débouche sur un plus grand extremisme.


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