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En Colombie, de plus en plus d'enfants fuient l'enrôlement

05/12/2008 - L'Express, Reuters

VILLAVICENCIO, Colombie - Décimées par les défaites militaires et les désertions qui se multiplient, les guérillas colombiennes se tournent plus que jamais vers les enfants pour garnir leurs rangs et continuer leur guerre contre l'Etat.

De plus en plus de familles se disent obligées de fuir, de peur de voir leur enfant enrôlé de force par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ou d'autres groupes et viennent s'ajouter aux quelque trois millions de déplacés qui font de la Colombie le pays au monde où l'on compte le plus de réfugiés après le Soudan, selon l'Onu.

L'enrôlement d'enfants pour des missions d'espionnage, de transport d'armes ou d'autres tâches, mais aussi pour les former à la guerre pendant qu'ils sont encore influençables et nourrissent peu de remords, n'est pas nouveau chez les Farc, guérilla marxiste fondée il y a 44 ans.

Mais il s'est beaucoup accéléré depuis quelques années. Selon le gouvernement, la guérilla compterait aujourd'hui moitié moins d'hommes qu'il y a six ans, lorsque le président Alvaro Uribe est arrivé au pouvoir.

Dans la province de Meta, région pauvre située au pied des Andes, une jeune fille raconte comment les guérilleros ont tenté de la convaincre de les rejoindre en lui expliquant d'abord qu'elle pourrait ainsi défendre son peuple contre les riches.

Agée de 12 ans seulement et dénuée de conscience révolutionnaire, elle leur opposa un premier refus. De jeunes garçons l'emmenèrent alors en discothèque pour tenter de la faire changer d'avis.

Après un nouveau refus, la jeune fille, qui tient à rester anonyme par peur de représailles, fut menacée et dut fuir avec sa famille, rejoignant la cohorte des déplacés.

Ses parents sont rentrés dans leur village, mais elle vit désormais dans une école pour réfugiés à Villavicencio.

Selon CODHES, la principale organisation de défense des droits de l'homme du pays, ce phénomène constitue aujourd'hui le principal enjeu de la lutte contre les guérillas.

L'organisation estime que 270.000 personnes ont quitté leur domicile au premier semestre 2008, soit 41% de plus que pendant la première moitié de l'année 2007.

Beaucoup fuient les combats ou les groupes paramilitaires, mais selon l'Onu, la crainte de voir les enfants tomber aux mains des rebelles est devenue la principale cause des déplacements de population


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