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Droits de l'homme - Le gouvernement colombien bat sa coulpe

12/12/2008 - Le Devoir, Human Rights Tribune, La Opinión, AFP, Colombia Reports

Genève -- Le vice-président colombien Francisco Santos a battu sa coulpe pour le rôle de l'armée dans des assassinats de civils innocents, sans convaincre le Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui a passé au crible la situation en Colombie mercredi à Genève.

Le vice-président colombien Francisco Santos a fait acte de contrition en ouverture des débats et a demandé pardon aux victimes de meurtres commis par les forces armées, mais n'a pas pu faire taire les voix critiques qui mettent en cause le gouvernement du président Alvaro Uribe.

Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent plus de mille exécutions extrajudiciaires et d'assassinats de civils innocents présentés comme des guérilleros morts au combat par des militaires désireux de toucher les primes au résultat promises par les autorités.

«Malheureusement, nous devons reconnaître que de tels faits se sont produits dans notre pays, a reconnu M. Santos. La participation de membres des forces armées à la mort de personnes tuées hors combats est une honte pour l'Etat colombien»

Depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du président colombien Alvaro Uribe, sept personnes sont mortes ou ont été portées disparues chaque jour hors combats, selon les ONG de défense des droits de l'homme. Les militants des droits de l'homme, les syndicalistes ou les paysans qui réclament leurs terres sont les cibles prioritaires de cette violence, note M. Gustavo Gallon, président de la Commission colombienne de juristes (CCJ). Les journalistes sont également particulièrement visés, ont souligné les représentants de plusieurs Etats pendant le débat.

«C'est avec une profonde douleur que je demande pardon aux victimes et que je leur donne l'assurance qu'aucun de ces crimes inexcusables ne demeurera impuni», a déclaré le vice-président colombien. Après ce mea-culpa, M. Santos a fait valoir de «profonds changements» depuis l'arrivée au pouvoir du président Alvaro Uribe en 2002. «Au départ [la Colombie était] un Etat incapable de protéger ses citoyens, et nous sommes parvenus à améliorer les garanties sur la vie et la liberté» des Colombiens, a-t-il assuré devant les 47 membres du Conseil des droits de l'homme.

« Entre 2002 et 2007, «les meurtres ont diminué de 45%, les massacres de 77%, les attentats terroristes de 76,5% et les enlèvements crapuleux de 87% », a relevé le vice-président Santos. Il s'est aussi félicité de la démobilisation des groupes paramilitaires, mais, remarquent les ONG, ceux-ci n'ont en fait jamais réellement disparus.

L’Amérique latine demande des comptes à la Colombie

Le Chili, le Mexique, l’Uruguay, le Brésil, la Bolivie et le Guatemala, soutenus par l’Espagne ont exigé des nouvelles mesures urgentes à la Colombie pour en finir avec l’impunité des violations graves des droits de l’homme, dont les agents de l’Etat sont soupçonnés.

Cela concerne notamment des exécutions sommaires, des actes de torture et des disparitions forcées. Ces demandes ont été formulées mercredi 10 décembre durant l’examen périodique (EPU) de la Colombie au Conseil des droits de l’homme.

Des recommandations ont été proposées par ces pays pour mettre en place un mécanisme de contrôle de la situation de la part du Conseil. La Colombie est invitée à recevoir sans délais les rapporteurs spéciaux sur les peuples autochtones, l’indépendance des juges, les exécutions extra judiciaires, les défenseurs des droits de l’homme, ainsi que le groupe de travail contre la détention arbitraire.

Le vice-président de la Colombie, Francisco Santos, a indiqué à la fin des débats que son gouvernement va étudier toutes les propositions et répondre lundi sur les mesures qui pourraient être acceptées.


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