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Betancourt va demander à l'Amérique latine de l'aider "à désarmer les Farc"

01/12/2008 - France Info, AFP, Le Monde

L’ex-otage franco-colombienne de la guérilla marxiste colombienne des Farc, Ingrid Betancourt, va proposer aux chefs d’Etat et de gouvernement latino-américains une "action extraordinaire pour demander aux Farc de déposer les armes", a-t-elle annoncé dans un communiqué diffusé à Bogota.

Ingrid Betancourt est arrivée peu après 16H00 (21h00 GMT) à Bogota à bord d’un vol d’Air France, pour son premier séjour en Colombie depuis sa libération le 2 juillet et la première étape d’une tourné en Amérique latine.

Selon un communiqué diffusé par son assistante, elle se rendra ensuite en Equateur, au Pérou, au Chili, en Argentine, au Brésil, en Bolivie et au Venezuela.

"Ingrid Betancourt va demander aux chefs d’Etat et de gouvernement du continent latino-américain et à toute la communauté internationale de promouvoir une action extraordinaire pour demander aux Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, ndlr) de déposer les armes et de prendre le chemin de la démocratie", précise le communiqué.

Sa plus importante mission "est d’obtenir la libération de tous ses compagnons de captivité et de tous les otages colombiens", précise aussi le texte, dans lequel elle souhaite "que l’on parvienne bientôt à la concorde et la paix dans cette chère nation".

Trois heures après son arrivée, l’ex-candidate à la présidentielle colombienne a été reçue pour un entretien privé par le président Alvaro Uribe, sur une base militaire adjacente à l’aéroport, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ingrid Betancourt avait quitté ce pays le 3 juillet, après plus de six ans de captivité et au lendemain de sa libération dans le cadre de l’opération "Jaque" de l’armée colombienne, qui avait permis aussi le sauvetage de 14 autres otages de la guérilla des Farc. Elle n’y était pas retournée depuis, évoquant des "raisons de sécurité".

Ingrid Betancourt remet à Uribe une lettre de Sarkozy proposant l'aide de Paris

La Franco-colombienne, arrivée samedi en fin d'après-midi à Bogota, où elle effectuait sa première visite depuis sa libération le 2 juillet, a indiqué lors d'une conférence de presse être porteuse d'une lettre de Nicolas Sarkozy, "très belle, dans laquelle il dit à Uribe tout son respect et son attachement et lui confirme certains points sur lesquels la France souhaite s'engager", en tout premier la "recherche d'une solution négociée" au conflit entre la guérilla marxiste et l'armée" et "la confirmation de la volonté de la France de recevoir l'ex-guérillero"

Mme Betancourt avait auparavant été reçue pendant une heure et demie par le président colombien, avec qui elle a notamment évoqué la situation de ce guérillero.

Elle s'est déclarée "immensement heureuse" d'être en Colombie, avant de s'excuser de ne pas avoir participé à un grand défilé organisé pour les otages dans les principales villes du pays vendredi, pour des "raisons de sécurité".

"Les organismes de sécurité français et colombien m'ont dit que ce n'était pas possible, et dans ces cas je me soumet", a-t-elle déclaré en précisant que selon des rapports des services de renseignement les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) voulaient "mener des actions en représailles de l'Opération Jaque", qui avait permis le 2 juillet sa libération et celle de 14 autres otages dits politiques des Farc.

Au sujet de cette opération, Mme Betancourt a estimé qu'elle ne pourrait plus être "ré-éditée", et n'a pas souhaité d'autres actions militaires du genre. "Je crains qu'il puisse s'agir d'un événement sanglant. Je préfère l'option du dialogue", a-t-elle déclaré en invitant les Farc "à la réflexion".

"Les gens des Farc sont très intelligents, même s'ils se trompent sur leurs méthodes d'action", a-t-elle déclaré.

Ingrid Betancourt ne séjourne que 24 heures en Colombie, où elle doit aussi rencontrer des familles d'otages dimanche. Depuis son arrivée à Bogota, l'ex-otage, entourée de hautes mesures de sécurité, n'a pas mis un pied dans la rue, circulant toujours en convoi, en compagnie de sa mère Yolanda Pulecio.

A partir de dimanche soir elle se rendra dans sept pays latino-américains (Equateur, Argentine, Brésil, Chili, Pérou, Bolivie, Venezuela), une tournée d'une semaine pour "remercier" les chefs d'Etat qui ont oeuvré pour sa libération et les inciter à continuer leurs efforts pour ceux qui restent en captivité.

Elle a précisé qu'elle "espérait" pouvoir s'entretenir avec le président vénézuélien Hugo Chavez, pour qui elle ressent "une immense admiration".


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