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Le message de Nicolas Sarkozy accueilli avec circonspection par la guérilla

09/12/2007 - La Jornada, l'Humanité

Il est encore trop tôt pour parler de perspective d’un échange humanitaire en Colombie. Cependant le message de Nicolas Sarkozy au chef des FARC, Manuel Marulanda, de demande de la libération des otages, s’est largement propagé. Pour l’heure les FARC, Marulanda particulièrement, ne se sont pas manifestés. Seule l’agence colombienne Anncol, un canal habituel utilisé par la direction de la guérilla, a salué les « bonnes intentions du gouvernement français, louables et saines » et accusé le président colombien Alvaro Uribe d’être le principal obstacle à une solution négociée.

L’Élysée s’est montré sceptique hier après cette « réaction attribuée aux FARC », indiquant que « pour l’instant » il ne l’imputait pas à leur chef parce que « c’est un message sibyllin, ambigu et surtout anonyme », a déclaré David Martinon, porte-parole de l’Élysée. Si réponse il doit y avoir elle ne peut émaner que de Marulanda en personne. Parallèlement Paris semble prendre le temps de tisser sa toile diplomatique (demande d’aide à l’Argentine par exemple) pour accroître la pression internationale sur Bogota.

Jeudi lors d’une cérémonie militaire dans la capitale colombienne, Alvaro Uribe a dit « partager et respecter » la demande de Sarkozy de voir libérer non seulement Ingrid Betancourt mais aussi « tous les otages ». Il a répété que son pays était disposé à procéder à un échange (45 otages contre 500 guérilleros emprisonnés), mais a réitéré son refus de démilitariser deux municipalités du sud du pays, que réclame la guérilla. Et cela nous ramène au point de départ. Uribe considère qu’un processus de négociation et d’échange humanitaire avec les FARC (ce qui implique une zone de rencontre et la reconnaissance de la guérilla comme un interlocuteur) affecterait sa confrontation ouverte avec elles dans le but de les vaincre militairement.

C’est dans ce contexte aussi que réapparaît la formule Chavez telle que la souhaite entre autres la sénatrice colombienne et ex-médiatrice dans le dossier des otages, Piedad Cordoba. Selon elle le message de Sarkozy, quelle que soit son importance, n’aura pas d’effet s’il n’y pas de lien direct avec les FARC ni de « terrain de confiance et de crédibilité ». Seul, à ses yeux, le président vénézuélien peut renouer le fil.


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