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Le Vice-président colombien critique les actions des Comités Ingrid Betancourt

12/12/2007 - AFP, union Radio, Reuters, Le Monde, France-info

Le vice-président colombien a sévèrement critiqué mercredi l'action des comités de soutien à l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt qui, selon lui, entrave sa libération.

"Le soutien compréhensible qu'ont apporté les comités (de soutien) et ceraines communes (françaises) à Ingrid n'a fait qu'élever le prix (de sa rançon) et l'a probablement condamnée à être libérée en dernier en raison de sa valeur", a dit Francisco Santos au cours d'un point de presse à Washington.

"Pour les FARC, les otages sont une marchandise, pas des êtres humains. Ils sont l'équivalent d'un sac de pommes de terre ou d'un kilo de cocaïne", a-t-il dit.

L'action des comités de soutien à Ingrid Betancourt, loin de gêner les FARC, a "au contraire renforcé leur cruauté et leur capacité de négocier", a estimé le numéro deux du gouvernement colombien.

M. Santos a, au contraire, loué l'action du gouvernement français qui a fait de la libération de Mme Betancourt une de ses priorités.

"L'action d'un gouvernement est très différente", a-t-il dit en précisant qu'il n'y avait pas de pression de la part des autorités françaises et que les gouvernements français et colombien "travaillaient conjointement".

Nous cherchons "une solution conjointe" qui permette la libération de tous les otages, a dit M. Santos.

La guérilla marxiste des FARC, en lutte depuis 1964 contre les autorités colombiennes, exige la libération de 500 des siens contre celle de 45 otages dits "politiques" dont Ingrid Betancourt et trois Américains.

Les négociations pour une libération des otages butent depuis des années sur l'exigence des FARC d'une vaste zone démilitarisée toujours refusée par autorités colombiennes.

Réaction de la FICIB

La FICIB (Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt) a appris avec consternation, mais sans surprise, les déclarations du vice-président colombien Francisco Santos qui a critiqué aujourd'hui l'action des comités, en reprenant presque mot pour mot une déclaration qu'il avait déjà faite en juin de cette année.

Essayer de faire croire que les actions de soutien - en particulier la nomination par près de 2.000 villes et communes d'Ingrid comme Citoyenne d'honneur, aurait fait "monter son prix", est contraire à la réalité des faits. Le "prix" demandé par la guérilla en février 2002 pour libérer Ingrid et les autres otages est bien connu : une négociation avec le gouvernement colombien pour échanger une cinquantaine de prisonniers (militaires et policiers) et d'otages civils contre 500 guérilleros. Ce "prix" n'a pas changé aujourd'hui, près de six ans après.

Essayer de faire croire qu'une libération aurait été plus facile sans la médiatisation de la situation d'Ingrid est également contraire à la réalité des faits. Parmi les otages qui partagent le sort d'Ingrid se trouvent 32 militaires et policiers dont certains sont détenus, eux, depuis 10 ans, et pour lesquels il n'y avait eu absolument aucune médiatisation avant l'enlèvement d'Ingrid. Leurs familles sont unanimes pour affirmer que seules les actions des comités, par la visibilité qu'elles ont donnée au sort de ces prisonniers, leur donnent maintenant un espoir de les revoir un jour vivants. 

Ce sont les actions des comités, appuyés par les milliers de villes et de communes qui ont soutenu leurs actions depuis 2002 qui ont eu pour effet la situation actuelle où de plus en plus d'acteurs internationaux, en Europe et dans les Amériques, ont décidé de s'impliquer pour résoudre un problème qui stagne depuis 10 ans, principalement à cause du manque de volonté réelle d'aboutir dans le chef des deux parties en présence.

Depuis les début, nos comités se battent, aux côtés de toutes leurs familles, pour la libération de tous les otages, pas seulement pour Ingrid Betancourt. C'est de la pure spéculation d'imaginer que suite à nos actions, Ingrid pourrait être, comme le prétend le vice-président Santos, la dernière à être libérée. Mais serait-ce même le cas, la question n'est pas de savoir qui sera le premier ou le dernier libéré. La question est de sauver leur vie, à TOUS, avant qu'il ne soit trop tard.

Réaction de la famille Betancourt

Yolanda Pulecio, la maman d'Ingrid Betancourt et Astrid Betancourt, sa soeur, marquent leur ferme désaccord avec les affirmations du vice-président Francisco Santos qui vient d'émettre des critiques qu'elles estiment non fondées vis-à-vis des comités Ingrid Betancourt.

"Ce n'est pas parce que les officiers et les policiers enlevés depuis dix ans sont restés dans l'anonymat qu'il ont été pour autant libérés, grâce à une action du gouvernement colombien et de la guérilla...

Par contre ce qui est certain, c'est que si Ingrid et Clara sont encore vivantes aujourd'hui, c'est grâce à la mobilisation mondiale engendrée par les action des comités - il faut se souvenir qu'après les avoir enlevées, les farc avaient donné au gouvernement colombien un délai d'un an pour conclure un échange de prisonniers; au-delà de ce délai ils avaient déclaré qu'ils ne répondraient pas de leurs vies."

Nous ne pouvons qu'avoir une profonde gratitude, au nom d'Ingrid et de toutes les familles de séquestrés en Colombie, pour l'action constante au quotidien déployée depuis près de six ans par tous les bénévoles faisant partie des comités.


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