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Dans une interview avec W Radio, Madame Yolanda Pulecio, mère d'Ingrid Betancourt a annoncé qu’elle déposera une requête à l’encontre du Ministère public pour avoir filtré une lettre que sa fille séquestrée par les Farc lui a envoyée.
Elle a indiqué que le Ministère public n'a pas permis à la famille de l'ex-candidate présidentielle de voir l'original de la lettre et l’accuse d’être responsable de la fuite de cette communication à différents médias.
"J'ai dit au procureur que je ne voulais pas que cette lettre soit diffusée et c'est pourquoi j'en ai demandé l'original. Cela m’a été refusé en prétextant qu’ils devaient en prendre soin. En prendre soin pourquoi, ai-je répliqué, puisqu’il s’agit d’une lettre personnelle pour la maman et que c’est à moi de juger de ce qui sera diffusé publiquement.
Il s’agit d’une violation au droit à l'intimité de la famille et aussi d’Ingrid, les choses ne peuvent pas en rester là et nous allons introduire une plainte", a précisé la mère de la séquestrée.
Elle a interpellé l'organisme concerné puisque, jusqu'à maintenant, la famille n’est toujours pas en possession de la lettre originale.
"Ils m'ont donné quelques feuillets que nous avons eu du mal à déchiffrer parce qu'il s’agissait d’une copie".
La mère d'Ingrid Betancourt ainsi que sa soeur Astrid ont critiqué l'attitude du Commissaire pour la paix pour avoir déclaré qu’il n’y avait aucune avancée alors que, au contraire, selon la famille de l'ex-candidate présidentielle, les démarches du président vénézuélien Hugo Chávez ont porté leurs fruits.
"Nous arrivons à Caracas afin de le remercier pour les avancées qu'il a obtenues. Hier, le Commaissaire pour la Paix a déclaré qu'il n'y avait pas d'avancées significatives ; c'est ce qu'il pense parce qu'il n'a pas d’enfant séquestré. Que les guérilleros se soient déplacés jusqu’à Caracas et qu’il y ait une lettre d’Ingrid sont des avancées significatives".
Yolanda Pulecio a défendu l'innocence des trois personnes capturées pour être en possession des preuves de survie et a dénoncé le gouvernement pour les avoir traitées publiquement de terroristes.
"Ces jeunes filles ont agi humanitairement en convoyant les preuves de vie ; les photos de ces jeunes filles m'ont émue parce qu’elles sont très jeunes (19 ans).
Quand j'entends des mots si durs comme terroristes, et que je vois ces jeunes visages, elles n’ont rien de terroristes".
Yolanda Pulecio a déclaré que le gouvernement colombien voulait discréditer le président du Venezuela devant la communauté internationale et a critiqué le président Uribe pour ne pas avoir daigné la recevoir au Palacio et en déléguant son Commissaire pour la Paix.
"Nous ne sommes pas soutenus par le gouvernement, le président Uribe ne m’a pas reçue depuis deux ans et demi", a-t-elle ajouté.