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Lettre à des inconnus

21/12/2007 - Dominique, responsable du comité 37 et vice-président de la FICIB

Petit rappel concernant Pablo Emilio (Moncayo) et Jose Libio (Martinez) qui terminent demain dix années de séquestration.

Qui peut s'imaginer être privé de dix ans de VIE, tout en supportant le temps qui coule ? Vous avez vingt ans, une porte claque, le temps court, vous avez trente années au compteur, dont dix de vide, de silence, d'absence mais ça n'est pas seulement un ou plusieurs êtres chers qui sont absents... c'est vous même qui êtes absent de votre propre vie... Ca ne doit pas être facile à vieillir.

Le 21 décembre 1997, est-ce que vous savez ce que vous faisiez ? Moi je vais vérifier dans mes agendas, dès que je rentre à la maison.

A vue de nez, je crois me rappeler que, côté boulot, j'étais "à donf." avec un "trés trés gros" chantier pour mon entreprise naissante... comme nous en traitons quatre ou cinq par mois maintenant.

Mon "grand" devait passer sous les tables en courant alors que maintenant il se baisse presque pour me faire la bise et utilise mon rasoir avant d'aller "faire un tour voir ses copains".

Ma "Belette" qui venait à peine de découvrir la verticale et les modes de déplacements associés écume maintenant les compétitions d'athlé, de ping (parce qu'on lui interdit les sports d'argent) et s'auto-programme pour les JO de Londres...

Pour Pablo et José, toute cette écume de vie, notre quotidien, nos petites ou grandes joies, nos petites ou grandes douleurs sont inaccessibles, derrière une vitre sans tain. Nous vivons, nous, exposés à leurs regards (ou plutôt à leurs connaissances) et eux n'existent pas. Leurs faits et gestes, leurs cris, leurs larmes, leurs agonies sont de l'autre côté de ce mur invisible.

Ceux d'entre vous qui ont pu rencontrer Gustavo Moncayo, le père de Pablo Emilio et Yuri Tatiana, sa soeur, ont pu, sans doute, toucher du doigt et du coeur la détresse qui s'installe dans les familles démembrées de cette façon. Ils sont en souffrance (le deuil serait un luxe) de quelqu'un qui n'est pas mort et qui appelle à l'aide... situation de survie ou de "sousvie" pour l'otage et pour ses proches ?

Dix ans demain, tout à l'heure. Il faut "marquer" l'instant même si pour ces emmurés vivants le temps doit être devenu une chimère fuyante. Tous ceux qui le souhaitent peuvent laisser un message dans la langue de leur choix (espagnol, français, anglais, finois, allemand, belge...) à destination de Pablo Emilio, de José Libio ou de leurs familles à l'adresse suivante :

http://pablo-emilio.blogspot.com/2007/12/soutenir-pablo-emilio-et-jos-libio.html

Saludos

Dominique
Comité 37 de la FICIB


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