La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


« Nous déclarons l’état d’urgence humanitaire en Colombie »

26/12/2007 - L'Humanité

Le journal L'Humanité publie aujourd'hui l’analyse de Gloria Cuartas, responsable de l’ONG Une autre Colombie est possible.

Une semaine après l’annonce de la guérilla colombienne des FARC de libérer trois de ses otages - Clara Rojas, ancienne candidate à la vice-présidence aux côtés d’Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel et l’ex-sénatrice Consuelo Gonzalez, on était sans nouvelle des séquestrés. Mais la situation semblait sur le point d’évoluer hier, le ministre vénézuélien de l’Information, William Lara indiquant en fin d’après-midi, que le président Hugo Chavez tiendrait une conférence de presse ce mercredi pour évoquer « les modalités de la libération des trois otages ». De son côté, Jean-Claude Lecompte, l’époux d’Ingrid Betancourt, a lancé depuis un avion près de 20 000 photos des enfants de l’ex-candidate à la présidentielle, à l’occasion de son 46e anniversaire.

Comment les associations s’organisent-elles dans l´attente de la libération des trois otages des FARC au Venezuela ?

Gloria Cuartas*. À Medellin, Cali, Bogota, des organisations de femmes se sont fixé un mandat selon lequel « l’unique inamovible est la vie » (« inamovible », en allusion à la position intransigeante du gouvernement - NDLR). Nous sommes solidaires des efforts de Piedad Cordoba et du président Hugo Chavez qui, depuis la République bolivarienne du Venezuela, font tout leur possible pour qu’Emmanuel, Clara et Consuelo retrouvent la liberté. Nous suivons donc, avec attention, et en particulier les familles de toutes les personnes privées de liberté à cause du conflit, le processus en cours. Face au conflit armé que nous vivons, nous avons besoin que le droit à la paix prime avant tout autre argument.

Les actions d’Hugo Chavez et de Piedad Cordoba ne peuvent-elles être prises comme une ingérence dans les affaires colombiennes ?

Gloria Cuartas. Non, elles ne le sont pas. La sénatrice Piedad Cordoba et le président Chavez ont considérablement fait avancer les choses. Ils doivent continuer à travailler en faveur de la liberté de tous les séquestrés. C’est une sorte de mandat constituant primaire que leur confie la base, le peuple. Nous voulons que cette médiation se poursuive pour que tous les politiques, les policiers et les militaires, encore retenus, soient libérés.

Au président Uribe, nous lui disons qu’il gouverne enfin pour ses concitoyens. Le gouvernement refuse de démilitariser un peu de territoire, alors que cela pourrait sauver des vies humaines, comme celle d’Ingrid Betancourt, au prétexte que ce serait une perte de souveraineté, de constitutionnalité. Que ce geste discréditerait les forces de sécurité. Mais de quoi parlons-nous ? En 2007, les paramilitaires ont reconnu 2 154 assassinats, des viols, des disparitions. Où étaient l´armée et la police lorsque l’on assassinait ces personnes ? Ces dernières années, les forces publiques n’ont pas rempli leur devoir constitutionnel, celui de préserver la vie des Colombiens. N’est-ce pas un manque de souveraineté que d’avoir laissé les paramilitaires agir ?

N’est-ce pas un fait inédit qu’un gouvernement soit ainsi mis à l’index sur une affaire pourtant d’État ?

Gloria Cuartas. Ce gouvernement s’est compromis avec les paramilitaires tout en rejetant l’accord humanitaire. Tandis que Chavez et Cordoba ont fait significativement avancer cette question, le pouvoir colombien, lui, s’est marginalisé. Il poursuit dans sa stratégie de sauvetage militaire des otages. Il refuse de démilitariser une zone et de conclure l’accord humanitaire au prétexte que ce serait reconnaître aux FARC le statut de belligérant et par là même l’existence d’un conflit qu’il nie. Nous, nous déclarons l’état d’urgence humanitaire. Au-dessus des idéologies, des postures politiques, des arguments juridiques et des calendriers législatifs se trouve la vie.


>Tous les titres du mois 


> Poser une question,
   envoyer un commentaire

>www.Betancourt.info