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Uribe rallie le pont aérien de Chávez

27/12/2007 - Libération, Pueblo en linea, AP

Dans l’affaire des trois otages colombiens dont on attend la libération depuis plus d’une semaine, une percée inattendue a eu lieu hier soir. Le président colombien, Alvaro Uribe, a fait savoir qu’il acceptait les modalités proposées quelques heures plus tôt par le président vénézuélien, Hugo Chávez, devant permettre la libération des trois otages des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

«Le gouvernement de Colombie donne son feu vert à la mission humanitaire et désigne comme représentant Luis Carlos Restrepo», peut-on lire dans un courrier adressé par le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araújo à son homologue vénézuélien Nicolas Maduro.

Falcon. Plus tôt dans la journée, Chávez avait proposé à Bogotá de former une «caravane aérienne humanitaire», d’avions et d’hélicoptères, qui partiraient du Venezuela pour aller récupérer en Colombie les trois prisonniers dès aujourd’hui. «Tout est déjà prêt, la caravane peut décoller dès que nous aurons l’accord des autorités colombiennes. Les otages pourraient être à Caracas [aujourd’hui, ndlr].»

Le 18 décembre, les Farc avaient annoncé leur libération unilatérale : la députée Consuelo González de Perdomo, 57 ans, enlevée en septembre 2001; Clara Rojas, 44 ans, amie et collaboratrice politique de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée avec elle en février 2002 ; ainsi que le fils de Clara Rojas, Emmanuel, qu’elle a eu, il y a plus de trois ans, avec un des guérilleros chargés de la surveiller. Les Farc, qui se disent proches de Chávez, avaient annoncé ne vouloir rendre ces otages qu’au président vénézuélien, en un geste de remerciement après ses tentatives de médiation, entre août et novembre, quand Uribe y a mis fin. Les Farc détiennent 45 otages politiques, militaires et policiers, qu’ils veulent échanger contre 500 de leurs membres emprisonnés.

La «caravane aérienne humanitaire» serait composée de plusieurs avions de type Falcon et d’hélicoptères vénézuéliens qui se rendraient à Villavicencio, la capitale de la région de Meta, au sud de la capitale Bogotá. De là, les hélicoptères partiraient dans une zone proche de Villavicencio tenue secrète, où les Farc remettraient les trois otages, qui repartiraient en direction de Caracas. La «caravane aérienne» serait siglée du Comité international de la Croix-Rouge qui serait du voyage, ainsi que six «émissaires» internationaux de pays qui appuient l’initiative : la France, Cuba, l’Equateur, la Bolivie, l’Argentine et le Brésil.

Les rebelles colombiens ont exigé que les pilotes du convoi ne soient informés de leur plan de vol qu'à la dernière minute, une fois dans les airs, et ce pour des questions de sécurité.

"C'est une exigence des FARC et en homme militaire que je suis, je la comprends", a commenté le président vénézuélien.

«Transparente». Mardi, Hugo Chávez a parlé au téléphone avec Nicolas Sarkozy, «là-bas, en Egypte», qui, depuis son élection, s’est fortement investi pour la libération d’Ingrid Betancourt. «Il m’a donné tout de suite son accord, a indiqué Chávez, je lui ai dit que je souhaitais qu’Ingrid Betancourt fasse partie du prochain groupe d’otages libérés.» Côté français, l’émissaire dans la «caravane aérienne» serait l’ambassadeur en Colombie. «Nous voulons une opération publique et transparente, a souligné le Vénézuélien, pas une opération clandestine . Je continuerai à me battre pour la libération de tous les otages, et la fin du conflit en Colombie.»

L’implication publique de pays d’Amérique latine, notamment les poids lourds que sont le Brésil et l’Argentine, ainsi que de la France a apparemment poussé le président colombien à faire un geste. Furieux d’avoir été mis à l’écart par Uribe, Hugo Chávez souhaitait revenir au premier plan dans la médiation, comme le souhaitent les Farc. C’est chose faite. L’opération de récupération des otages devrait, selon Chávez, pouvoir commencer dès aujourd’hui.


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