|
||||||
Clara Rojas, son fils - né dans la jungle - et une parlementaire colombienne vont être libérés par la guerilla marxiste. Mais qui sont-ils ? LEXPRESS.fr fait le point.
Clara Rojas
C’est une amie fidèle et proche collaboratrice d'Ingrid Betancourt, ex-candidate à la présidentielle. Elle était sa directrice de campagne quand elles ont été enlevées le 23 février 2002 par les Farc, près de Florencia, à 600 km au sud de Bogota. Cette avocate de 44 ans, est très liée à Ingrid Betancourt depuis 1991. Elle travaillait avec elle au ministère du Commerce extérieur, alors dirigé par l'actuel ministre de la Défense, Juan Manuel Santos. Elle a accompagné ensuite Ingrid Betancourt pendant toute sa carrière.
Quand Ingrid Betancourt décide pendant la campagne électorale d'entrer en voiture dans une zone contrôlée par les Farc, contrairement aux conseils de l'armée et du gouvernement, Clara la suit sans hésitation. Et quelques heurs plus tard, lorsque les guérilleros lui annoncent qu'elle va être libérée, Clara refuse énergiquement d'être séparée d'Ingrid Betancourt.
Deux preuves de vie de Clara Rojas, la cadette d'une famille de 6 enfants dont 5 garçons, ont déjà été envoyées par les rebelles. Une première en juillet 2002 où elle apparaît dans une vidéo silencieuse aux cotés d'Ingrid, et une seconde en août 2003 où elle s'adresse à sa mère.
Emmanuel
Il n'a que trois ans, mais sa biographie est déjà toute une histoire. Emmanuel est le fils de Clara Rojas, né dans un campement de la guérilla marxiste, après une liaison volontaire avec l'un de ses geôliers. C'est le journaliste colombien Jorge Enrique Botero qui dévoila l'existence d'Emmanuel en avril 2006, qualifiant sa naissance de "miracle". Après un entretien avec un responsable des Farc, le journaliste rapporte une phrase étonnante du chef des rebelles, Manuel Marulanda. "Cet enfant est à moitié à nous, à moitié à eux", aurait-il dit.
A l'origine, la nouvelle fut accueillie avec incrédulité par les proches de Clara Rojas. Un de ses anciens compagnons de détention, le policier colombien John Frank Pinchao, qui a aussi cohabité en captivité avec Ingrid Betancourt, confirmera cette information après avoir réussi à s'échapper en mai dernier, au prix de dix-sept jours de déambulations à travers la jungle. Il révèle le prénom de l'enfant, affirme qu'il est élevé par des guérilleros au fin fond de la forêt amazonienne et n'est confié que rarement à sa propre mère. Une situation dont cette dernière "souffre beaucoup", assure-t-il.
Après ses déclarations, la grand-mère de l'enfant, Clara Gonzalez, lance une campagne dans les médias pour demander aux Farc de relâcher l'enfant. Plusieurs journaux télévisés débutent leurs programmes par ce slogan : "libérez Emmanuel". En juillet dernier, une vidéo diffusée par les Farc apporte de nouveaux éléments. Elle présente le témoignage de sept policiers et militaires, dont l'un, William Dominguez, a croisé la route du petit garçon. "Il a beaucoup de jouets que lui ont fabriqué les guérilleros, il aime s'amuser avec", raconte le soldat. "Quand la dame est fatiguée de porter l'enfant, un guérillero se propose de l'aider. Cela lui plaît car il adore jouer à cheval", poursuit-il.
Consuelo Gonzalez
Cette parlementaire, âgée de 57 ans, avait été enlevée dans sa voiture près de Neiva, dans le sud-ouest de la Colombie, par un commando des Farc en septembre 2001. Elle appartenait au parti libéral. Selon Wikipedia, la dernière preuve de vie de Consuelo Gonzalez fournie par les Farc date de 2003, quand sa signature figura, avec celle d'autres politiciens colombiens détenus dans la jungle, au bas d'une lettre demandant l'aide des Nations Unies pour régler le problème des otages. Son mari Jaire Perdomo, ancien membre du Congrès, est décédé en 2005 d'un problème cardiaque.