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Otages en Colombie: la mission humanitaire demande aux Farc un rendez-vous lundi

31/12/2007 - AFP, 20 minutes, Le Figaro, Libération, La W., Sydney Morning Herald

La mission envoyée par le Venezuela en Colombie récupérer trois otages des Farc presse la guérilla marxiste de fixer lundi un lieu de rendez-vous pour effectuer cette opération, dont la réalisation s'annonce complexe.

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a exhorté la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) à fournir rapidement les coordonnées du lieu, où doit se dérouler la remise de ses prisonniers.

"Mon appel aux Farc, c'est que nous voulons recevoir au plus tôt les coordonnées de l'endroit où se réalisera l'opération", a lancé Barbara Hintermann, chef de la délégation du CICR en Colombie. A l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud-est de Bogota, où patiente une délégation internationale représentant sept pays, la caravane aéroportée est désormais au complet, après l'arrivée de deux petits hélicoptères, plus maniable dans la jungle colombienne. "Avec toute la logistique, nous sommes prêts à partir à tout moment sur le terrain pour aller chercher les otages", a-t-elle poursuivi.

Difficultés logistiques ou stratégie délibérée: le retard pris dans la libération des trois otages de la guérilla des Farc se prête aux spéculations en Colombie. L'opération de récupération des otages dans la forêt colombienne a été maintes fois reportée depuis l'arrivée des premiers hélicoptères du Comité international de la Croix Rouge (CICR), immobilisés depuis vendredi à l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud-est de Bogota. Le coordonnateur général de la mission, Ramon Rodriguez Chacin, auquel la guérilla doit fournir le lieu de rendez-vous pour la remise de ses prisonniers, a admis qu'il ne savait toujours pas "où est l'endroit".

En raison du retard accumulé, le gouvernement colombien a accordé un nouveau délai de trois jours, à partir de lundi, pour l'utilisation de son espace aérien. "Le délai réclamé (par le Venezuela) est de 72 heures", a déclaré Cesar Velasquez, porte-parole de la présidence colombienne, affirmant que Bogota était prêt à apporter "toute la collaboration requise" pour le bon déroulement de la mission.

L'opération humanitaire, montée par le président vénézuélien Hugo Chavez sous l'égide du CICR, a été à nouveau retardée dimanche, les Farc n'ayant toujours pas déterminé de point de rencontre. Toutefois, le coordonnateur général de la mission, désigné par M. Chavez, a assuré que leur libération était proche. "L'opération va se réaliser très bientôt, dans un bref délai", a affirmé Ramon Rodriguez Chacin, sans toutefois préciser de date.

Considéré comme le canal de communication entre Caracas et la guérilla, M. Chacin, ancien ministre vénézuélien de l'Intérieur, l'a reconnu sans détour dimanche soir: "Nous ne savons pas où est l'endroit".

M. Chacin a en outre averti que la localisation du lieu de rendez-vous n'avait rien de simple car la guérilla devait prendre des "mesures de sécurité". Les "coordonnées" pourraient aussi bien s'avérer être juste une adresse dans un village ou un hameau (...) et nécessiter des marches avec des haltes ou des traversées nocturnes", a-t-il dit.Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro, avait promis que le dénouement était "tout près", appelant à une "plus grande patience".

Les trois otages que la guérilla a promis de relâcher en signe de "reconnaissance" envers M. Chavez sont Clara Rojas, proche de l'ex-candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

La mission n'est pas sans risque car elle doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière qui y possède la base d'Apiay et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.

La région englobe un vaste territoire de plus de 310.000 km2, situé dans le centre et le sud-est du pays, en plein fief de la coca. Cette zone, qui compte peu de routes, comprend en revanche de nombreuses pistes d'atterrissage de fortune, empruntées par les trafiquants de drogue.

«Harcèlement».

Fidèle à sa rhétorique anti-impérialiste, Chavez a accusé à demi-mot «le gouvernement des Etats-Unis» d’être responsable des retards pris par l’opération : «Avec ses avions espions, sa haute technologie capable de détecter des patrouilles [des Farc, ndlr], des campements, des signaux radio», Washington mènerait, selon le président vénézuélien, des «opérations de harcèlement» conre la guérilla, à l’origine des retards de l’opération de libération. «C’est le gouvernement de Washington, qui ne veut pas de la paix [en Colombie, ndlr], qui a le plus d’intérêts dans l’échec de l’opération», a-t-il lancé.

Quelle qu’en soit l’explication, les difficultés de communication entre les Farc et le gouvernement vénézuélien expliquent sans doute que ce dernier a du mal à obtenir les coordonnées exactes du «point de contact», dans la forêt tropicale colombienne, où doivent être libérés les otages. Sur l’aéroport de Villavicencio, au centre de la Colombie, attendent deux hélicoptères affrétés par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) - principale partie prenante de l’opération, à la demande de Caracas et de Bogotá. Les hélicoptères avaient décollé de Santo Domingo (Venezuela) vendredi soir. Hier, le Venezuela a demandé à la Colombie l’autorisation d’acheminer à Villavicencio deux hélicos supplémentaires, «plus petits, plus faciles à manœuvrer» que les deux premiers appareils - de lourds MI-17 de fabrication russe -, au cas où le fameux «point de contact» avec les Farc serait plus difficile d’accès que prévu. Demande immédiatement acceptée par Bogotá.


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