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Les otages libérés par les FARC sont-ils déjà au Venezuela ?

21/12/2007 - Le Courrier International, AFP, AP

Selon El Tiempo, les trois otages dont les FARC ont annoncé la libération unilatérale sont en route vers la liberté. Peut-être même se trouvent-ils déjà en territoire vénézuélien.

Clara Rojas [directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, enlevée avec elle le 23 février 2002], son fils Emmanuel [né en captivité, il serait âgé d'environ 4 ans] et Consuelo González de Perdomo [enlevée en 2001, alors qu'elle était sénatrice] auraient quitté depuisplusieurs semaines la jungle du département du Guaviare [sud-est de la Colombie] et chemineraient dans le Guainía [ouest, frontalier du Brésil et du Venezuela] et le Vaupés [Amazonie colombienne, à la frontière avec le Brésil].

Les FARC affirment [dans leur communiqué datant du 9 décembre, mais rendu public par l'agence cubaine Prensa Latina le 18 décembre dernier] qu'il s'agit [avec la libération de ces trois otages sans contrepartie] de réparer l'affront fait au président du Venezuela, Hugo Chávez [dont la mission de médiation a été stoppée nette par le président colombien, Alvaro Uribe] et soulignent que les deux femmes et l'enfant doivent être accueillis par le chef d'Etat vénézuélien ou par "la personne qu'il aura désignée". Selon divers observateurs et organismes de sécurité, les trois otages sur le point d'être libérés pourraient déjà se trouver en territoire vénézuélien. La guérilla colombienne semble avoir pris toutes les précautions possibles pour que ne se répète pas ce qui s'était passé avec les "preuves de vie" [des vidéos et des lettres prouvant qu'Ingrid Betancourt et d'autres otages étaient en vie] interceptées par l'armée colombienne [le 29 novembre] au cours de leur acheminement vers Caracas.

L'assurance avec laquelle la sénatrice Piedad Córdoba [négociatrice dans cette affaire d'otages et qui avait notamment convaincu Hugo Chávez de participer aux négociations] a toujours affirmé qu'un événement positif surviendrait avant le 31 décembre dans le cadre de l'accord humanitaire et la rapidité avec laquelle Hugo Chávez a déclaré, depuis l'Uruguay, que la libération était acquise laissent penser qu'il s'agissait d'un des accords trouvés avec les FARC avant que le président Alvaro Uribe ne mette fin il y a quelques semaines à la médiation du Venezuela. Pour l'observateur León Valencia, tout cela, ajouté au fait que dix jours se sont écoulés entre la signature du communiqué (le 9 décembre) et son annonce, indique que les FARC sont probablement sur le point de remettre les otages au Venezuela ou à la frontière entre ce pays et la Colombie.

Le 18 décembre, à Washington, Piedad Córdoba a déclaré que la libération pourrait avoir lieu au Venezuela ou au Brésil, la frontière avec ce pays étant plus proche des forêts où auraient été détenus les otages. Selon plusieurs sources proches des services de renseignements, la dernière localisation approximative des otages date de la mi-2007, peu après l'évasion du policier Frank Pinchao. Les autorités avaient alors établi que les FARC avaient séparé leurs prisonniers en plusieurs groupes.

Une rumeur suggère que la libération pourrait avoir lieu dans l'Etat vénézuélien du Barinas, dont le gouverneur n'est autre que le père d'Hugo Chávez. Pour que tout se déroule sans encombre, Jaime Zuluaga Nieto, professeur à l'Institut d'études politiques et de relations internationales de l'université de Colombie, estime qu'il faut faire intervenir le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ou des observateurs étrangers. Le gouvernement colombien n'y voit aucun inconvénient, comme l'a déclaré à Cartagena del Chairá (Caquetá) le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos. Reste que les porte-parole du CICR assurent n'avoir été contactés ni par la guérilla ni par les autorités colombiennes.

Si la libération de trois otages est une excellente nouvelle, les observateurs tiennent à souligner qu'il n'est pas anodin que les FARC soient en contact non seulement avec le Venezuela, mais aussi avec la France et les Etats-Unis, ce que le gouvernement colombien a d'ailleurs confirmé à plusieurs reprises. L'agence de presse Anncol, qui se fait l'écho des communiqués des FARC, va plus loin, affirmant que "tout indique que l'échange aura lieu sans qu'Uribe ait son mot à dire". Une déclaration toutefois sujette à caution, dans la mesure où seul le gouvernement de Bogotá a le pouvoir de décider de libérer les membres de la guérilla emprisonnés. Reste qu'avec cette libération et celles qui pourraient suivre les FARC semblent avoir ouvert un vrai dialogue.


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