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Le drame des otages échangeables des FARC s'est internationalisé en 2007

19/12/2007 - Union Radio

La recherche d'une solution au drame de 45 otages de la guérilla colombienne des FARC a fini par s'internationaliser en 2007, année où 11 des détenus sont morts dans des circonstances confuses, où deux autres se sont évadés, et où on a reçu les premières preuves de survie depuis des années pour 16 d'entre eux.

La photo divulguée fin novembre, de la colombo française Ingrid Betancourt au milieu de la jungle, tête basse, extrêmement mince et pâle, a non seulement montré sa condition précaire, mais est devenue maintenant le symbole du drame des otages, dont certains vont bientôt terminer leur dixième année de captivité.

En même temps, ces preuves de survie, et parmi elles une longue et poignante lettre d'Ingrid Betancourt à sa mère Yolanda Pulecio, dans laquelle elle dénonce que « ici nous vivons comme des morts », ont produit une réaction internationale et montré l'urgence d'une issue humanitaire.

Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), qui ménent leur lutte armée depuis 43 années, ont placé ce groupe de kidnappés dans l'agenda politique en proposant de les échanger contre quelque 500 rebelles emprisonnés.

Dans le groupe initial d'otage à échanger il y avait onze députés provinciaux qui ont été assassinés en juin, apparemment par les guérilleros, d'après l'examen de leurs cadavres, livrés trois mois plus tard par les FARC à la Croix Rouge Internationale.

Outre Betancourt --kidnappée en février 2002--, se trouvent les Etats-uniens Thomas Howes, Marc Gonsalves et Keith Stansell --enlevés une année après Ingrid--, plusieurs politiques, et des dizaines de militaires et de policiers colombiens.

Pour négocier cet échange les FARC exigent la démiltarisation temporaire de deux villages dans le sud-ouest du pays (une zone de 800 km2), et ils conditionnent l'accord à la possibilité pour les rebelles remis en liberté de rejoindre les rangs de la guérilla.

Le président Alvaro Uribe, qui depuis qu'il a entamé son premier mandat en 2002, a lancé une offensive militaire visant à mettre les FARC en échec, a accepté, après la révélation le 7 décembre des preuves de survie, de créer dans le pays et pour 30 jours une « zone de rencontre » de 150 Km2 pour effectuer cette négotiation.

Uribe a donné à l'Église Catholique la mission d'obtenir de la guérilla une réaction à sa proposition, qui inclut un accompagnement par des obervateurs internationaux et qui oblige les deux parties à négocier désarmés.

Le revirement d'Uribe s'est produit au milieu de la pression internationale créée par l'impact de l'impressionante photo d'Ingrid Betancourt, et deux semaines après qu'il ait annulé la médiation avec les Farc du président vénézuélien, Hugo Chávez, mission qu'il avait autorisée en août.

Une fois éliminé le rôle de Chávez, le président français, Nicolas Sarkozy, qui a promis en mai qu'il n'oublierait pas Ingrid quand il a été élu président, a fait passer le problème au premier plan en demandant publiquement au leader des FARC, Manuel Marulanda, de libérer Ingrid Betancourt avant qu'il ne soit trop tard.

Après Sarkozy, on a vu se créer presqu'une armée de mandataires étrangers, parmi eux ceux d'Argentine, du Brésil, du Chili, d'Équateur et d'Italie, et de l'Unión Européenne en général, qui ont offert leur appui et leurs bons offices pour chercher une solution, tandis que le président américain, George W. Bush, marquait, lui, son soutien à Uribe.

En même temps, la maman d'Ingrid Betancourt et la sénatrice colombienne de l'opposition, Piedad Córdoba, principale promotrices de la médiation de Chávez, ont continué à insister pour que le président vénézuélien continue sa mission.

Une partie du rôle de défendre les décisions d'Uribe concernant les otages retombe sur les épaules du chancelier Alvaro Araújo, un ex-otage qui s'était évadé au début de janvier, après six années de captivité chez les Farc. Un autre prisonnier, le policier Frank Pinchao, s'est évadé, lui, en avril.


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