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Deux sous-officiers de l'Armée colombienne, qui font partie du groupe des 45 considérés comme « échangeables» par la guérilla des Farc, terminent aujourd'hui leur dixième année de captivité, pendant que leur pays attend toujours une solution pour ce drame humain.
Les caporaux Pablo Emilio Moncayo et José Libyen Martínez Estrada ont été capturés le 21 décembre 1997, lorsque les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont attaqué la base de communications de Patascoy, située dans une zone montagneuse du département de Nariño (sud), frontalier avec Équateur.
Dans cette attaque sont morts 25 militaires et 18 ont été fait prisonniers, mais la majorité d'entre eux a retrouvé la liberté le 28 juin 2001. A cette date, les FARC avaient libéré unilatéralement deux cent quarante-deux soldats et policiers à La Macarena (Meta), ne gardant sous leur pouvoir que les officiers et les sous-officiers. L’oligarchie n’avait alors relâché aucun guérillero en échange.
Rappel des événements
« Lors d’une conversation, raconte le commandant Reyes, le haut-commissaire de paix de l’époque, Camilo Gómez, en ma présence, a dit à Marulanda [chef historique de la guérilla] que ni le gouvernement Pastrana ni celui qui le suivrait n’accepterait un accord d’échange humanitaire. Que si les FARC ne se soumettaient pas aux conditions de Pastrana, il fallait l’oublier. Nous l’avons reçu comme un chantage, et on a dit : “Si vous n’en voulez pas, c’est votre responsabilité.” »
Ulcérés, les guérilleros avertissent : ils séquestreront des membres de la classe politique, jugés « aussi scandaleusement indifférents au drame de la guerre vécue par le peuple qu’au sort des soldats combattant dans les rangs de l’armée ». Depuis, ils ont entrepris d’enlever le plus grand nombre possible de personnalités afin de faire pression sur le gouvernement pour obtenir, en échange, la libération de cinq cents de leurs combattants détenus.
Le cas du caporal Moncayo a eu une certaine notoriété parce que son père, le professeur Gustavo Moncayo, a marché presque 900 kilomètres pendant 46 jours au milieu de cette année, depuis Nariño jusqu'à Bogotá, pour demander un accord entre le gouvernement et les FARC. Il a ensuite été invité par le FICIB (Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt) à poursuivre son périple en Belgique, en France, et dans d'autres pays européens. Il n'est retourné en Colombie que mi-novembre pour contonuer son périple, cette fois vers le Vénézuela.
Johan Stiven, le fils de José Libio Martínez, est né trois mois après le kidnapping de son père, qu'il n'a donc jamais connu bien qu'il ait maintenant dix ans. Pour Noël, il a demandé au chef des FARC, « Manuel Marulanda », qui libère tous les kidnappés.
Pendant ce temps, le professeur Moncayo considère comme « très bonne » l'annonce des premières libérations annoncées par les FARC et espère « que ce rêve pourra devenir réalité pour tous les kidnappés », comme pour son fils, qu'il n'a plus vu depuis une décade...