|
||||||
En cette fin d'année, les porte-parole de l'ELN annoncent qu'ils ont pris deux bonnes résolutions. Un : la libération de deux otages policiers, qui ont été remis hier à la Croix Rouge; deux : la désactivation des champs de mines autour de Samaniego. Selon l'organisation non gouvernementale Handicap International, le pays andin est devenu, avec 1 100 victimes signalées en 2005, le plus affecté au monde par les mines terrestres, devant l'Afghanistan et le Cambodge.
Le 27 décembre, dans la zone rurale de la commune de Samaniego (Nariño), l’Armée de libération nationale (ELN) a remis deux policiers, Guillermo Calderón et Vladimir Meza García, à des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les deux policiers étaient entre les mains de l’ELN depuis le 1er décembre 2006.
Le CICR a participé à cette libération à la demande de l’ELNet du Haut Commissariat pour la paix.
Entretemps, le conflit s'éternise, et la crise humanitaire s'aggrave. Selon l'organisation non gouvernementale Handicap International, le pays andin est devenu, avec 1 100 victimes signalées en 2005, le plus affecté au monde par les mines terrestres, devant l'Afghanistan et le Cambodge. En application de la convention d'Ottawa de 1997, l'armée colombienne a officiellement détruit ses derniers stocks de mines. Mais guérillas marxistes ou milices paramilitaires, les groupes armés illégaux, eux, minent à tour de bras.
Autour d'une ferme perdue dans les jungles montagneuses du Nariño, une trentaine d'insurgés communistes bien armés de l'Armée de libération nationale (ELN) montent la garde. Deux commandants, le visage dissimulé derrière un foulard à l'effigie du Che Guevara, lisent un communiqué. En cette fin d'année, les porte-parole du front Comuneros del Sur de l'ELN annoncent qu'ils ont pris deux bonnes résolutions. Un : l'imminente libération de deux otages policiers, qui devait intervenir hier. Deux : la désactivation des champs de mines autour de Samaniego. Mais « pour que nous puissions déminer, prévient l'un des guérilleros, le « commandante » Fabio, le gouvernement doit retirer ses troupes de Chupinagan », où une unité de l'armée protège des antennes de communication.
Avec quelques milliers de combattants, l'ELN, créée en 1964, est la deuxième guérilla du pays. Comme les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui détiennent Ingrid Betancourt, elle est classée « organisation terroriste » par les États-Unis et l'Union européenne. Elle se finance par l'extorsion et l'enlèvement, mais contrairement aux richissimes Farc, elle se dit hostile au narcotrafic. Influencée par la révolution cubaine et par le catholicisme marxiste, elle passe pour une guérilla pauvre et affaiblie.
En 2005, Bogota et les chefs emprisonnés de l'ELN ont engagé à La Havane un « dialogue exploratoire » qui n'a pas encore permis de percée. Pour ouvrir des négociations officielles, l'ELN exige une réforme agraire, des concessions sociales et la participation de la société civile. Le gouvernement, lui, attend des gestes concrets. Le déminage de Samaniego et la libération des deux policiers pourraient être un début.