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le UNHCR se focalise sur la violence contre les femmes déplacées en Colombie

06/12/2006 - Reuters, Caracol Radio, La Patria

Alors que l'agence  de l'ONU pour les réfugiés participe de nouveau à une campagne annuelle visant à  éliminer la violence contre les femmes, les statistiques pour la Colombie dévoilent un tableau sinistre.

En moyenne, une femme meurt chaque jour en raison du conflit armé en Colombie - pendant ces quatre dernières années, environ 1.600 femmes ont été tuées en combat ou sommairement exécutées par un des divers groupes armés du pays, selon la Commission colombienne des juristes.

Adelaida Ortiz et Marleni Pai en sont des exemples qui donnent froid dans le dos. Les deux femmes et des centaines d'autres membres de leur communauté indigène d'Awa avaient fui les combats entre les troupes du gouvernement et un groupe armé irrégulier, au début de cette année; elles ont cherché abri dans le village d'Altaquer dans le département de Narino (Colombie méridionale).

Le 9 août, les deux femmes et trois membres masculins de leur communauté - comprenant le mari d'Ortiz - ont été extraites d'une maison où elles se cachaient et ont été assassinées. Les tueurs, qui sont allés de maison en maison pour y  chercher leurs victimes, n'ont pas été retrouvés.

Dans une telle culture de violence, les femmes sont également victimes des crimes tels que le meurtre et le viol, aussi bien que de violence domestique et d'abus psychologique. Les femmes forcées de fuir leurs maisons sont particulièrement vulnérables - une enquête du gouvernement a montré que presque la moitié de toutes les femmes déplacées ont déclaré avoir souffert des violences physiques de la part de leurs compagnons durant cette dernière année.

la "violence et le déplacement forcé font partie d'un cycle vicieux pour beaucoup de femmes qui fuient la violence dans un endroit pour en trouver encore davantage après avoir été déplacées," déclare Roberto Meier, représentant du UNHCR en Colombie. "le déplacement forcé sépare les familles, brise les réseaux sociaux et laisse beaucoup de femmes seules avec leurs enfants dans un logement précaire avec un accès très difficile à un lieu de travail. Beaucoup n'ont d'autre choix que de se sauver encore."

Selon Teresa Diaz, directeur du groupe de femmes Yo Mujer (moi, femme), la dite violence est une quasi-constante dans les vies de centaines de femmes qui ont recherché un sanctuaire dans les abris ouverts par son organisation à Bogota en 2003.

Beaucoup ont souffert de violence domestique, mais l'abri accepte également des femmes violées par les membres de groupes armés qui emploient la violence sexuelle comme une arme de guerre.

Marianne (nom d'emprunt) avait 13 ans quand elle a été violée pour la première fois, il y a cinq ans, par des membres d'un groupe armé irrégulier qui controlait le village en Colombie du Nord où elle vivait avec sa famille. Effrayée et honteuse, elle n'a raconté à personne ce qui s'était produit, et les hommes sont revenus quelques semaines plus tard. La mère du Marianne, Yolanda (nom d'emprunt), l'a trouvée sans connaissance en dehors de la maison le matin suivant.

"Quand je l'ai vue là et que j'ai réalisé ce qu'ils lui avaient fait, j!ai pensé que je perdais mes esprits, mais j'ai su que je devais rester forte et l'aider à en sortir," nous a raconté récemment Yolanda à Bogota. Elle est partie ce soir-là du village avec Marianne et ses six autres enfants, et a trouvé un endroit pour vivre dans la ville de Barrancamerja.

Après avoir découvert que son propriétaire a à plusieurs reprises forcé Marianne à avoir des relations sexuelles avec lui, Yolanda s'est sauvée avec sa famille vers la banlieue de Bogotá, où elles ont trouvé refuge à l'abri "Yo Mujer", où elles ont pu compter sur la solidarité du personnel. "Pour la première fois dans ma vie, j'ai retrouvé ma voix," a dit Yolanda, qui a joint Yo Mujer. Marianne a également retrouvé la force pour parler de son expérience.

L'organisation a gagné plusieurs prix pour son travail envers les femmes déplacées, y compris le prix national de la paix l'année dernière. Pour beaucoup de femmes et de filles déplacées, elle a été une bouée de sauvetage, mais malheureusement d'autres détestent le groupe et le travail humanitaire mené à bien par des femmes comme Diaz.

Dans son région indigène de Norte de Santander, Diaz a reçu des menaces et des intimidations constantes de la part des groupes armés irréguliers, pour sa participation dans une association de femmes. Deux de ses collègues ont disparu, une autre a été violée et une quatrième a été assassinée. Chaque fois que, Diaz a reçu des avertissements qu'elle serait la prochaine. Elle s'est par la suite sauvée à Bogota et Co-a fondé Yo Mujer en 2002.

L'UNHCR, Yo Mujer et d'autres organismes participent à une série d'événements pour manifester, du 25 novembre au 10 Decembre 10, à 16 jours d'actions pour éliminer la violence contre des femmes. Ceux-ci incluent une campagne de sensibilisation, un concert à Barranquilla sur la côte atlantique, et des ateliers pour des journalistes, des professeurs et des jeunes.

Par Marie-Helene Verney à Bogota, Colombie


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