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On prévoit une escalade dans la guerre en Colombie

30/12/2006 - El Porvenir (Mexique)

Les experts Marco Romero y Vicente Torrijos estiment qu'une négociation de paix est peu probable à court terme.

la Colombie est entrée dans une nouvelle phase d'escalade dans sa guerre interne, ce qui éloigne la possibilité d'ouvrir en 2007 un dialogue de paix avec les insurgés des FARC, engagés maintenant à démontrer leur capacité offensive, affirment les politologues.

Les experts Marco Romero et Vicente Torrijos s'accordent à dire qu'une négociation de paix est peu probable à court terme, à cause du durcissement de positions à la fois du gouvernement et des rebelles des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC).

" 2007 naîtra avec une logique marquée par la guerre, ce qui rendra difficile un processus de paix" avec la principale et la plus ancienne guérilla colombienne, a déclare Romero, politologue de l'Université Nationale, la principale du pays andin.

Il a rappelé que le gouvernement du président Alvaro Uribe Vélez " a déclaré qu'il maintiendrait l'offensive militaire" contre les groupes armés illégaux, tandis que les FARC "ont commencé à répondre avec des attaques contre cette stratégie, ce qui changera l'échelle de la guerre".

Le directeur du Bureau de consultance pour les Droits Humains et le Déplacement (Codhes) considère toutefois que, tôt ou tard, il faudra bien que la négociation prévale sur la solution militaire au conflit, et que les parties s'assoient à la table de négociations.

Selon l'expert en résolution de conflits armés, le président Uribe Vélez devra remettre en question son modèle de guerre frontale contre la révolte et opter pour le dialogue, devant l'improbabilité de mettre en échec les FARC par une solution militaire.

"Si Uribe ne remet pas en question son modèle, il aura des difficultés avec son gouvernement, parce que sa gestion, basée sur la politique de" Sécurité Démocratique "(guerre totale contre la révolte), cessera d'être acceptée si elle ne produit pas de résultats", a-t-il signalé.

Uribe Vélez, réélu en mai passé pour un second terme consécutif, a clairement dit que sa stratégie militaire devrait conduire en 2007 à la capture des chefs principaux de la guérilla, ce qu'il n'a pas obtenu jusqu'à présent.

Pour ce motif, le président recherche de nouvelles ressources pour financer sa guerre, au moyen d'un nouvel impôt sur le patrimoine qui lui permettra de disposer de quelque trois mille 600 millions de dollars pour sa politique de sécurité.

Dans le cadre de l'offensive militaire, l'Exécutif colombien propose aussi de restructurer les organes d'intelligence, de moderniser les Forces Armées et de renforcer les patrouilles dans les secteurs frontaliers, là où on connait une forte présence des groupes irréguliers.

Torrijos, pour sa part, a pronostiqué le début d'une nouvelle phase du conflit armé interne à partir de 2007, dans laquelle les FARC chercheront à montrer leur force et leur capacité militaire.

Le spécialiste a soutenu que le premier signal de cette nouvelle étape a été l'attaque récente du poste de police de Tierradentro, ancien bastion paramilitaire situé dans le nord-ouest du pays, où sont morts 17 soldats.

"La guérilla veut simplement montrer qu'elle conserve sa capacité offensive et que tout nouveau rapprochement au dialogue ne sera fait que depuis une position authentique de force", a souligné le politologue de l'Université du Rosaire à Bogota.

Il explique que les dernières attaques rebelles, suite auxquelles le gouvernement avait suspendu les rapprochements avec les FARC pour obtenir la libération des kidnappés, étaient une réponse "non seulement à l'offensive officielle, mais aussi à la nécessité impérieuse de montrer la force".

En octobre passé, Uribe Vélez a annulé les contacts qu'avait entamé son gouvernement avec les FARC pour échanger les kidnappés contre des rebelles détenus en prison, et a ordonné d'intensifier la guerre contre les réseaux urbains de la guérilla dans tout le pays.

La décision du dirigeant a été annoncée après la tentative d'attentat contre l'Université Militaire de Bogota, qui a fait 25 blessés, étudiants et soldats, attentat attribué par le président aux FARC.

L'organisation rebelle, avec quelque 15 mille hommes dans ses rangs, a alors accusé le chef d'État d'utiliser cet événement comme "prétexte" pour geler l'échange humanitaire et donner un nouvel élan à la guerre contre l'insurrection.


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