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Les ex paramilitaires rompent le processus de paix

08/12/2006 - Le Monde, Swiss Info, BBC News

De leur prison de haute sécurité, les 59 chefs des groupes paramilitaires colombiens ont annoncé, mercredi 6 décembre, la rupture unilatérale des négociations de paix engagées avec le gouvernement du président Alvaro Uribe (droite).

Le chef de l'Etat a répliqué en décidant la suspension du décret qui octroyait à ces miliciens d'extrême droite le statut de "négociateurs". Le représentant de l'Organisation des Etats américains à Bogota, Sergio Caramaña, a évoqué "les conséquences imprévisibles de cette nouvelle crise".
 
"Notre confiance a été trahie", a déclaré le porte-parole des paramilitaires, au terme d'une réunion tendue avec l'émissaire du président, Luis Carlos Restrepo. Les paramilitaires accusent le gouvernement Uribe de ne pas avoir tenu parole. Jusqu'à il y a une semaine, leurs chefs étaient reclus dans un centre social des environs de Medellin, où ils bénéficiaient de conditions de détention privilégiées : chambre individuelle, Internet et téléphone portable.

Toutefois, vendredi 1er décembre, le président Uribe donnait subitement l'ordre de transférer les détenus à la prison d'Itagui, en affirmant avoir reçu des informations concernant un projet d'évasion. Les paramilitaires soupçonnent le gouvernement de faire diversion.

Le chef de l'Etat a pris cette décision alors que le scandale concernant les complicités dont ont bénéficié les paramilitaires au sein de la classe politique éclabousse plusieurs de ses proches. Trois parlementaires de la majorité présidentielle sont sous les verrous, six autres font l'objet d'une enquête, deux hauts fonctionnaires ont été mis en examen. Les chefs paramilitaires avaient proposé la création d'une commission pour que la lumière soit faite sur les connivences dont ils ont bénéficié au sein de l'Etat, des élites économiques et de l'armée.

Après avoir accepté de démobiliser leurs troupes - 31 000 combattants ont rendu les armes - et de se livrer à la justice, les chefs paramilitaires attendent d'être jugés.

Coupables de crimes atroces et de trafic de drogue, ils devraient bénéficier de généreuses réductions de peine, en application de la loi dite de "justice et paix" adoptée pour l'occasion. M. Uribe a toujours affirmé que les chefs paramilitaires en perdraient le bénéfice en cas de rupture du dialogue de paix.


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