La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


L'ex-otage français au Venezuela affirme avoir été "traité comme un chien"

28/12/2006 - AFP, Nouvel Obs

Christophe Beck, l'éleveur français enlevé en décembre 2005 au Venezuela et libéré peu avant Noël contre une rançon a déclaré mardi avoir été traité "comme un chien" par ses ravisseurs et n'avoir reçu aucun soutien financier de l'Etat français.

"Nous sommes ruinés (...) L'Etat français n'a pris en charge aucun centime de la rançon", a-t-il dit, laissant entendre, sans indiquer de chiffre exact, que celle-ci dépassait les 400.000 euros.

"J'ai été enchaîné à un arbre jour et nuit, traité comme un chien. Je dormais dans un hamac recouvert d'une bâche. La journée j'étais assis sur une pierre. Mon rayon d'action se limitait à deux mètres", a-t-il dit, évoquant ses conditions de détention dans la forêt tropicale, après avoir été séquestré 50 jours dans un ranch.

"Je mangeais du riz, des lentilles et des pois cassés et parfois, quand j'avais de la chance, une sardine", a-t-il ajouté, alors qu'il était interrogé à Corbère (Pyrénées-Orientales), près de Perpignan, où il est arrivé dimanche, après sa libération dans la nuit du 20 au 21 décembre dans une zone désertique, à une quarantaine de km de la frontière colombienne.

"Le 13 septembre dernier, on m'a soudainement changé de camp, toujours sous la surveillance du même groupe. D'autres guérilleros se sont occupés de moi. Ils m'ont lavé les vêtements, chauffé de l'eau (...) J'ai été mieux traité jusqu'à ma libération", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur le montant de la rançon versée, Christophe Beck, 62 ans, a affirmé que la somme versée était bien supérieure aux 100 millions de bolivars (40.000 euros) initialement demandés par les ravisseurs.

"Il manque au moins un zéro à ce chiffre. Si cela avait été 40.000 euros, ça fait bien longtemps que j'aurais été libéré", a-t-il dit.

"La rançon a été payée en deux fois et les négociations se sont faites entre ma famille, deux officiers de police français en poste au Venezuela et les ravisseurs. La première partie a été payée début septembre et c'était déjà plus de 200.000 euros", a-t-il poursuivi.

"Nous avons dû vendre tout ce que nous avions et notamment notre propriété. Aujourd'hui, nous sommes ruinés, je n'ai plus rien pour assurer ma retraite. L'Etat français n'a pris en charge aucun centime de la rançon. ", a-t-il dit.

Sa femme Martine a pour sa part affirmé qu'elle s'était rendue à Paris pour demander "un prêt de 10.000 euros à l'Etat français", pour aider au paiement de la rançon, mais que celui-ci lui avait été refusé.

"Dix mille euros de prêt n'auraient pas mis en péril la nation française", a commenté Christophe Beck, qui s'était installé il y a une douzaine d'années près de Barinas, au sud ouest de Caracas, où il élevait quelque 1.200 zébus.

Le Quai d'Orsay a répondu mardi aux premières accusations de l'éleveur, formulées lundi, affirmant s'être mobilisé pour sa libération et s'abritant derrière la nécessaire "discrétion" dans ce type d'affaires.

"Nous ne voulons pas polémiquer, ni avec M. Beck, ni avec sa famille", a déclaré mardi en milieu de journée M. Simonneau lors d'un point de presse, en réponse à ces premières accusations.

En ce qui concerne la rançon, la France n'a fait que se tenir à sa "position habituelle", a assuré le porte-parole, ajoutant : "Nous n'avons pas l'habitude de rentrer dans le jeu des ravisseurs quand ils demandent des rançons".

"La mobilisation (du ministère) a été reconnue par M. Beck lui-même, puisqu'il a souligné le rôle qui avait été joué par les services diplomatiques et consulaires au Venezuela et par les envoyés spéciaux du Quai d'Orsay", a-t-il souligné.

"Je sais encore beaucoup de choses aujourd'hui sur les groupes qui me détenaient et sur leur fonctionnement. J'en dirai plus lorsque je me sentirai mieux", a par ailleurs affirmé Christophe Beck.


>Tous les titres du mois 


> Poser une question,
   envoyer un commentaire

>www.Betancourt.info