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La majorité des enfants soldats sont recrutés 'volontairement '

13/12/2006 - Terra España

87 pour cent des enfants-soldats colombiens dans les rangs de la guérilla et des paramilitaires ont adhéré "volontairement" à ces groupes, et la moitié d'entre eux ont commis des meurtres, ont pris part à des tortures ou ont surveillé des kidnappés, selon un rapport divulgué aujourd'hui.

La majorité de ces enfants-soldats se sont engagés "parce qu'ils aimaient les armes et les uniformes", indique une étude de la Defensoría du Peuple, réalisée avec l'appui de la délégation de l'UNICEF en Colombie .

Le rapport indique que, durant les cinq dernières années, l'âge des mineurs qui ont rejoint les rangs des rebelles a diminué, passant de 13 ans et huit mois à 12 ans et huit mois.

Ces chiffres sont le résultat d'une étude fouillée de la Defensoría de Peuple effectuée entre août et septembre 2005, avec 329 "enfants de la guerre", maintenant ex combattants.

L'étude indique que plus de la moitié (55 pour cent) des enfants ont été violés par leurs commandants et beaucoup, la majorité de ce groupe, ont été obligés d'avorter.

Parmi les 80 enfants qui ont répondu affirmativement à la question "avez-vous effectué des actes violents sur votre propre corps ou celui d'une autre personne", 39 pour cent ont déclaré que "ils avaient a été obligé de tuer ", 19 pour cent "de mutiler ", et 16 pour cent "de torturer ".

Dans quelques cas, les mineurs ont également pris les armes "par vengeance", parce que leurs parents avaient été assassinés et beaucoup ont souffert de l'occupation de leur village et de massacres; 15 pour cent ont été menacés, et ont été victimes de déplacement forcé.

67 pour cent ont pris le chemin des armes à cause de maltraitance dans leur propre maison, et 10 pour cent des enfants ont dévoilé qu'ils avaient été violés par un parent.

L'étude a aussi étudié les circonstances de la libération de ces mineurs; 45.1 pour cent ont admis qu'ils "s'étaient échappés ", 35.5 pour cent "qu"ils avait été capturés" et 2.8 pour cent ont indiqué que "le groupe les avaient laissé partir".

Parmi "les raisons pour s'échapper ", 18.6 pour cent de ces mineurs ont répondu que "ils  allaient me tuer" et 15.6 pour cent "à cause de ma famille", mais il y a eu aussi des réponses comme "ils ne m'ont pas donné ce qu'ils m'avaient promis" ou "c'était ennuyeux dans la montagne".

Lors de la présentation du rapport, le défenseur du Peuple, Vólmar Pérez, a souligné que dans les démobilisations des Auto-défenses Unies de la Colombie (AUC), les paramilitaires d'extrême droite n'avaient livré aucun des 212 mineurs d'âge qu'ils avaient admis détenir dans leurs rangs.

Toutefois, certains ont été arrêtés et d'autres se sont livrés volontairement aux autorités après s'être enfuis.

Dans l'étude, on souligne également que parmi les 329 enfants interrogés, 196 avaient appartenu à plus d'un groupe armé colombien.

54.8 pour cent ont fait partie des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), 22.3 pour cent des paramilitaires de l'AUC, et 15.1 pour cent de l'Armée de Libération Nationale (ELN).

Pérez a aussi attiré l'attention sur le fait que, étant donné que les mineurs dans les rangs des AUC n'ont pas été livrés pendant les démobilisations (plus de 31.000 combattants entre 2003 et avril 2006), ces enfants "n'ont pas droit aux bénéfices juridiques" dont jouissent les paramilitaires adultes.

D'après un rapport publié en novembre 2004 par l'UNICEF,  Il y aurait alors 18.000 enfants soldats en Colombie soit 1/4 des combattants. Les FARC en compteraient 8.000, et l’ELN, plus de 1.400. Le reste serait dans les rangs des paramilitaires.


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