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Escorté par 500 soldats et survolés par des hélicoptères Black Hawk, 59 seigneurs de la guerre paramilitaires ont été transférés d'un ancien camp de vacances à une prison de haute sécurité. Le gouvernement a indiqué qu'il craignait une tentative d'évasion.
Ce transfert vendredi à la prison d'Itagui -- qui abrite certains des criminels les plus endurcis de Colombie -- a probablement été un choc pour les commandants d'extrème droite qui, pendant ces derniers mois, avaient apprécié les privilèges d'une "prison de vacances".
Les milices paramilitaires, qui se financent par le trafic de drogue, sont accusées de certaines des plus épouvantables atrocités dans le conflit civil qui mine la Colombie, et elles sont considérées par les Etats-Unis comme des organisations terroristes.
Leur transfert à une prison régulière va probablement être applaudi par les Nations Unies et par les gouvernements étrangers, qui accusaient le gouvernement d'être trop mou sur vis-à-vis des seigneurs de la guerre, face aux preuves croissantes qu'ils avaient largement violé les accords de paix qu'ils avaient signé en 2002.
Dans le cadre d'un accord négocié avec le gouvernement, leurs dirigeants avaient été détenus jusqu'à ce vendredi à La Ceja, un ancien centre de retraite, dont beaucoup de Colombiens disaient que c'était le même genre de prison que le "country club" qui avait été spécialement construit dans les années 90 pour abriter le traficant de drogue Pablo Escobar.
La décision du Président Alvaro Uribe's d'envoyer les chefs paramilitaires à la prison d'Itagui, à 150 kilomètres au nord-ouest de Bogota, survient alors qu'il essaye de se dissocier d'un scandale grandissant dans lequel plusieurs de ses alliés au congrès sont accusés de conspiration avec ces mêmes milices.
Comme le nombre de ses alliés appelés à témoigner devant la cour suprême augmente presque quotidiennement -- jusqu'ici trois législateurs pro-gouvernmentaux ont été arrêtés et au moins sept de plus sont l'objet d'une enquête -- Uribe a pris une position plus dure contre les paramilitaires.
Dans un discours ce jeudi, il avait accusé les détenus de la Ceja du massacre récent de deux commandants démobilisés, et il avait menacé de leur retirer les avantages dont ils profitent grâce au processus de paix, y compris la suspension de leur extradition aux Etats-Unis pour y répondre des charges de trafic de drogue.
Un des commandants incarcérés, Ernesto Baez, a dit à Radio Caracol ce vendredi que les autorités avaient commandité ce massacre afin de blâmer les paramilitaires.
Cependant, officiellement, le gouvernement a indiqué qu'il agissait sur base de "rumeurs persistantes d'une possible évasion," selon le ministre de intérieur Carlos Holguin.
Le ministre n'a pas fourni d'autres détails quant à la nature de ces rumeurs, à part le fait qu'elles venaient de l'agence de services secrets (la DAS), qui elle-même est accusée de collusion avec les paramilitaires.
Les chefs paramilitaires ont nié avec colère toute tentative de s'échapper.
Récemment, ces chefs avaient intensifié leurs plaintes au sujet du processus de paix, qui limite leur peine de prison à un maximum de 8 ans, disant que le gouvernement trahissait les promesses qu'il avait faites à la table de négociation.
Ils avaient exigé que le gouvernement publie un décret proscrivant leur extradition aux Etats-Unis.
Ces milices ont été créées il y a longtemps par des propriétaires fonciers et par des trafiquants de drogue pour lutter les rebelles de gauche.