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Ingrid Betancourt, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis le 23 février 2002, fête lundi ses 45 ans en captivité au grand dam de ses proches, sans grand espoir de libération face au dialogue de sourd entre les autorités et les rebelles.
La dernière preuve de vie de la Franco-Colombienne, ancienne candidate des Verts à l'élection présidentielle enlevée durant la campagne électorale, remonte à l'envoi en août 2003 d'une vidéo enregistrée en mai de la même année par la guérilla marxiste.
"Aujourd'hui plus que jamais, je voudrais être auprès d'elle. Cette séparation est trop injuste. Je veux l'étreindre de tout mon amour en cette période de Noël, pour son anniversaire", a confié à l'AFP Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid, avant un voyage à Paris en fin de semaine dernière.
"Je demande seulement à Dieu que l'année 2007 nous apporte le bonheur d'être à nouveau réunies", a-t-elle ajouté.
La fille d'Ingrid Betancourt, Melanie Delloye, a également adressé depuis la capitale française un message émouvant à sa mère, diffusée en Colombie par la radio colombienne qui transmet régulièrement aux otages les paroles de leurs proches.
"Si tu m'entends, je veux que tu saches que nous sommes en train de lutter pour toi et tous les otages. Je veux que tu gardes la foi, que tu veilles sur toi, que tu saches que je suis fière de toi, d'avoir une maman aussi forte, aussi belle que toi", a ainsi proclamé sur les ondes Melanie Delloye.
La mère et la fille d'Ingrid Betancourt ont aussi exhorté la guérilla et le président colombien Alvaro Uribe à trouver le chemin de la négociation, alors que les deux parties ne cessent de s'opposer sur les modalités d'un accord.
Les FARC, plus grande guérilla colombienne avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés contre celle de 58 otages, personnalités politiques et militaires, dont trois Américains et Ingrid Betancourt.
Il y a un an, le chef de l'Etat avait accepté le principe d'une démilitarisation d'une zone dans le sud du pays afin de permettre un échange, à l'inititiative d'une proposition de la France, la Suisse et l'Espagne.
Mais depuis un attentat à la voiture piégé à Bogota, survenu le 19 octobre et attribué aux FARC, le président Uribe, qui semblait sur le point d'amorcer un rapprochement avec les rebelles, a brutalement annoncé la suspension de toute négociation, privilégiant l'option militaire.
Cette semaine, la presse colombienne a annoncé que le gouvernement avait de nouveau proposé un dialogue direct avec les FARC, une information non confirmée de manière officielle.
En attendant la mère et la fille d'Ingrid Betancourt réclament à ses ravisseurs de nouvelles preuves de sa survie.
"Il n'y a pas besoin de quelque chose de public, seulement une lettre, n'importe quoi, afin que nous soyons tranquilles", a imploré Yolanda Pulecio, s'indignant d'une méthode "très cruelle".
Pour Mélanie Delloye, "c'est le minimum que les FARC peuvent nous donner". "Ne pas avoir de nouvelle de ceux que nous aimons et pour lesquels nous luttons tous les jours de notre vie est quelque chose de terrible", affirme-t-elle.