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"Le Gouvernement colombien a reçu des gouvernements de France, de Suisse et d'Espagne, la proposition d'un système de sécurité pour une rencontre humanitaire dans la Cordillère Centrale. Cette proposition a été transmise mardi soir, de manière simultanée, au Gouvernement et aux Farc.
La proposition reprend les résultats de la mission technique exploratoire, et propose un lieu de rencontre : El Retiro, dans la commune de Pradera (Vallée du Cauca); un système de sécurité autour de l'emplacement de rencontre; des zones de sécurité; des points d'observation, des étapes et une période d'observation internationale. Elle définit le rôle du CICR, le Comité International de la Croix Rouge.
La proposition a été formellement transmise par le Département Fédéral des Affaires Extérieures Suisses, au nom de l'Espagne, de la France et de la Suisse, tant au Gouvernement colombien qu'aux Farc, et c'est le résultat d'une mission technique exploratoire qui a travaillé en territoire colombien et qui a poursuivi sa tâche dans la Cordillère Centrale, entre le 28 novembre et le 2 décembre 2005.
l'Espagne, la France et la Suisse proposent un système de sécurité qui permettra au Gouvernement et aux Farc de se trouver directement dans des conditions optimales. Ils proposent de garantir la sécurité des négociateurs, avec un compromis politique et leur présence physique. Ils ne préjugent ni de la durée, ni la forme ni du contenu des négociations, mais cherchent à donner confiance aux parties en présence et aux différents secteurs de la société colombienne.
Le lieu de rencontre suggérée par la commission est le village de El Retiro, dans la commune de Pradera (Vallée du Cauca). C'est un lieu qui se trouve approximativement à quelque 15 kilomètres du centre urbain de Pradera. Il y a là 30 familles, une église en bon état, une école avec 5 classes, une salle à manger, une cuisine et des sanitaires, une maison communale, un poste de santé, un terrain de football qui permettra l'attérrissage d'hélicoptères, l'énergie électrique, l'eau et le téléphone. Il est situé à 1.600 mètres d'altitude et s'étend depuis une altitude de 1.200 mètres à Potrerito jusqu'à 2.800 mètres à Bolo Azul. Le village de El Retiro, situé dans le cadre urbain de Pradera, est donc l'emplacement suggéré par les trois pays comme lieu de rencontre.
La proposition comprend un système de sécurité autour de l'emplacement de la rencontre, constituée par trois zones de sécurité. Il prévoit également des emplacements d'observation et des observateurs sur les routes pour le contrôle d'accès. D'autres observateurs seront placés dans des points stratégiques, couvrant le village et les voies d'accès.
Les observateurs, qui en principe seront au nombre de 40, seront coordonnés par l'organe politique des trois pays, établi à El Retiro. Ce coordinateur assurera la coordination avec les Forces Armées colombiennes et avec les Farc.
Les trois pays proposent que toutes les forces armées soient maintenues en-dehors des limites de sécurité. C'est-à-dire qu'il n'y aura dans ce secteur sécurisé ni Force Publique colombienne ni présence des Farc, mais seulement les négociateurs du Gouvernement et de la guérilla.
La durée de l'observation internationale est fixée à 7 jours avant le début de la rencontre et à 7 jours après la fin de la rencontre. Les pays laissent à la décision des parties combien de temps peut durer la rencontre.
Le Comité International de la Croix Rouge garantit les déplacements aériens ou terrestres tant des délégués des Farc que du Gouvernement, protège les lieux de négociation avec les emblèmes du Comité International de la Croix Rouge, et maintient une présence permanente de ses fonctionnaires dans l'emplacement de El Retiro.
Le secteur compris dans les zones de sécurité est approximativement de 180 kilomètres carrés.
Le CICR a fait ce vendredi 16 décembre la déclaration suivante :
Dans ce contexte, la délégation du CICR en Colombie a facilité les travaux d'une commission technique, dans la Cordillère centrale, chargée de rechercher une formule viable permettant de parvenir à une rencontre directe entre les représentants du gouvernement colombien et ceux des FARC, en vue de d'aboutir à un éventuel accord humanitaire.
Le CICR se félicite de la proposition soumise par les trois pays et confirme que, si les parties concernées le lui demandent, il est prêt à offrir ses services comme cela est mentionné dans ladite proposition.
L'institution salue aussi la décision prise par le gouvernement colombien, bien qu’il considère que les initiatives de ce genre doivent être prises avec la discrétion et la prudence voulues.
Le rôle que jouera le CICR dans ce contexte pourra se concrétiser une fois que les deux parties auront accepté la proposition.