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Un espoir pour les otages détenus par les FARC

14/12/2005 - Reuters, La Libre.be, TF1, BBC, Madrid Digital, Libération, L'Expess, Le Courrier International, El Tiempo

Le gouvernement colombien a accepté mardi une proposition de plusieurs Gouvernements européens de rencontrer les FARC une réunion préparatoire à un échange de kidnappés contre des rebelles emprisonnés; cette rencontre aurait lieu dans une commune du sud-ouest du pays qui serait démilitarisée pour cette occasion, a déclaré le président colombien, Álvaro Uribe.

La France, l'Espagne et la Suisse ont proposé tant au Gouvernement qu'aux FARC de négocier l'échange dans le village de El Retiro, dans la commune de Pradera. A cette occasion, 180 kilomètres carrés seront libérés de toute présence des Forces Armées de Colombie ainsi que des forces rebelles. Seuls leurs délégués y auront accès. Le président n'a pas donné de date pour le retrait militaire

" Le gouvernement colombien accepte cette proposition. J'admets humblement que cela implique une concession par le Gouvernement que je préside. Je le fais avec humilité mais aussi avec responsabilité. Nous acceptons cette modification à la position que nous avions prise, car nous faisons confiance en la Communauté internationale ", a dit Uribe. "Nous acceptons cette proposition parce qu'elle ne porte pas atteinte à la souveraineté du Pays, et qu'elle ne met pas nos compatriotes en danger (...) nous l'acceptons parce que nous voulons comprendre les angoisses, les douleurs et la peine de tant de familles colombiennes qui ont leurs parents kidnappés", a-t-il conclu.

L'initiative, présentée aux deux parties par le bureau d'affaires fédérales de la Suisse, implique un changement dans la position d'Uribe, qui dans le passé avait toujours refusé le retrait, pour effectuer les discussions de paix, des troupes officielles des deux communes du sud-ouest, dont El Retiro fait partie.

"Les trois pays ne préjugent en aucun cas sur la durée, la forme ou le contenu des négociations. Ils souhaitent simplement donner confiance aux négociateurs ainsi qu'aux divers secteurs de la population colombienne ", a souligné la proposition des Gouvernements européens présentée mardi soir. "La France, la Suisse et l'Espagne, proposent aussi de garantir la sécurité des négociateurs avec un compromis politique et avec leur présence physique", a ajouté l'émissaire des trois Gouvernements, dont les délégués ont visité la zone entre le 28 novembre et le 2 décembre passés.

Le Haut Commissaire du Gouvernement à la Paix, Luis Carlos Restrepo, a déclaré qu'il était disposé "à entamer une rencontre immédiate" avec les rebelles. "Nous ne mettons aucun préalable (à la proposition). Ce serait bien que les kidnappés puissent passer Noël chez eux. La réponse est entre les mains des FARC ", a-t-il souligné.

El Retiro, située dans la commune de Pradera, est habité par quelque 30 familles et compte une école, une église et un terrain de football où, selon Restrepo, peuvent atterrir les hélicoptères du Comité International de la Croix Rouge qui transporteront les délégués officiels et rebelles. L'annonce a été reçue avec espoir par les parents des kidnappés. La mère de la politique colombienne Ingrid Betancourt, kidnappée depuis 2002 par les FARC, a dit qu'elle était confiante dans l'acceptation de la proposition par la guérilla, tandis qu'il s'est déclarée "surprise" par la décision d'Uribe.

On ignore si les Farc ont accepté l'offre faite par Uribe, mais la proposition des autorités semble proche de certaines conditions posées par la guérilla pour que s'ouvrent des négociations. La guérilla, toutefois, demandait à l'armée d'évacuer un territoire bien plus grand, cela pour garantir la sécurité de ses négociateurs.

"Le plus important c'est que la guérilla accepte, le Gouvernement a déjà accepté" a dit Yolanda Pulecio à des journalistes, après le communiqué d'Uribe depuis la Casa de Nariño (siège présidentiel).

Cette annonce intervient au moment où le Président Uribe se prépare à briguer un second mandat de quatre ans à la présidentielle de mai 2006; un accord sur la libération d'otages viendrait conforter son prestige personnel, alors même qu'il jouit déjà d'une grande popularité dans le pays.

Ingrid Betancourt, franco-colombienne et ancienne candidate à la présidentielle colombienne, a été enlevée en février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (marxistes) alors qu'elle était en campagne électorale. Environ 4.000 personnes sont retenues en otage en Colombie.

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