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Les Farc tuent huit policiers et en capturent 30

19/12/2005 - Reuters, Las voces del secuestro

Des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont tué huit policiers et ils en ont capturé au moins 30, samedi, lors de l'attaque du commissariat d'une ville isolée du nord du pays, annonce la police.

L'ampleur de cette attaque sans précédent depuis plusieurs années est apparue dimanche lorsque des renforts de la police et de l'armée sont arrivés à San Marino, une ville afro-colombienne implantée en pleine jungle, dans la province de Choco, près de la frontière du Panama.

Si d'autres attaques des Farc ont fait davantage de morts en 2005, le bilan combiné des morts et des policiers faits prisonniers est le plus lourd de ces dernières années.

Ce revers est potentiellement embarrassant pour le président Alvaro Uribe qui, selon les sondages, a de bonnes chances d'être réélu l'an prochain, en grande partie en raison de sa fermeté envers les Farc.

Officiellement, les responsables de la police et de l'armée se contentent de dire que 30 de leurs hommes ont "disparu", mais en privé, des porte-parole de la police ont confirmé des récits de témoins selon lesquels les guérilleros ont emmené ces hommes dans la jungle, sous la menace de leurs armes.

Des policiers blessés évacués à Quibdo, la capitale provinciale, ont déclaré à des journalistes colombiens que les guérilleros les avaient épargnés à l'issue d'un violent combat.

"Ils sont descendus des montagnes, comme des fourmis", a dit à la télévision un jeune policier, la tête bandée.

NOUVEAUX OTAGES?

L'attaque de San Marino, qui a aussi fait 13 blessés - neuf policiers et quatre civils - fait penser aux grandes victoires remportées par les Farc à la fin des années 1990. Les guérilleros avaient alors fait prisonniers des centaines de policiers et de militaires de nombreux Colombiens redoutaient que les affrontements s'étendent à la capitale, Bogota.

Les policiers enlevés pourraient s'ajouter à un groupe de 63 otages déjà détenus par les Farc, parmi lesquels Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidence, et cela pourrait renforcer leur position dans d'éventuelles futures discussions avec le gouvernement.

Le président Uribe a accepté la semaine dernière une proposition de la France, de l'Espagne et de la Suisse de retirer ses troupes des abords de la ville d'El Retiro afin de négocier avec la guérilla un accord permettant la libération des otages.

Les dirigeants des Farc, en lutte depuis plus de quarante ans contre le gouvernement colombien, n'ont pas encore répondu à cette offre.

Forts de 17.000 hommes, les Farc ont intensifié leurs attaques cette année, après deux ans de calme relatif.

Le fleuve Choco, qui se jette dans l'océan Pacifique près de Panama, est une voie de contrebande d'armes et de cocaïne, d'où son importance stratégique pour les Farc, qui financent leurs activités grâce au trafic de drogue et aux enlèvements destinés à obtenir des rançons.


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