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Les parents des séquestrés exigent l'échange humanitaire

31/12/2005 - La Jornada

Les voix entrecoupées de centaines de colombiens ont résonné aujourd'hui sur 11 stations de radio et sur trois canaux de télévision, qui ont décidé d'ouvrir leurs microphones pendant deux heures pour que les parents des kidnappés envoient des messages à leurs proches.

La journée radio et télévisuelle a duré de 9 à 11 heures. Elle était intitulée "Un accord humanitaire pour qu'on puisse se revoir", en allusion à la possibilité que le gouvernement et les Forces Armées Révolutionnaires de  Colombie (FARC) entament un dialogue pour libérer quelque 500 rebelles emprisonnés en échange de 25 politiciens, de 34 membres des forces militaires et trois citoyens étatsuniens en pouvoir du groupe insurgé, certains de d'eux depuis huit années.

A la veille des traditionnelles célébrations de fin d'année, des milliers de citoyens colombiens ont fait une pause pour écouter, affectés, les messages poignants des conjoints, mères, pères et fils, dans lesquels se mélangeaient le courage avec la tristesse, les chansons avec les larmes, et l'espoir avec le scepticisme.

"Je sais que tu vas revenir, mon fils. Garde courage et foi. Pendant ce temps nous continuerons à nous battre ici pour ta libération", a crié entre deux sanglots Mariela de Mendieta à son fils, le colonel Luis Mendieta, capturé par les FARC il y a déjà sept longues années.

Entre-temps, des épouses de militaires et de personnalités politiques en pouvoir de la guérilla ont raconté dans le détail les avatars de leur vie quotidienne, leurs difficultés économiques, la croissance des enfants, les maladies des grands-parents, les décès qui ne manquent jamais et leurs joies, qui sont faibles.

Les enfants ont décrit avec moultes détails la nuit de Noël et ont chanté des chansons typiques de fin d'année.

Marleny Orjuela, presidente d'une association de parents de militaires en pouvoir de la guérilla, a profité de cette journée de communication pour demander au gouvernement et la guérilla d'entamer enfin des négociations pouvant mener à l'échange de prisonniers.

Orjuela a rappelé que deux des militaires en pouvoir de la guérilla sont maintenant retenus dans la profondeur de la forêt depuis huit ans, tandis que le reste des captifs militaires est resté entre six et sept années sans le moindre contact avec leurs parents; elle a dénoncé le fait que "il y a plus de deux ans que nous n'avons plus aucune preuve de survie de nos garçons".

En dépit de la clameur de la majorité des colombiens, dont les sondages ont montré qu'elle était favorable à la réalisation d'un échange, le chemin vers la concrétion d'un accord a été infesté de difficultés.

Les quelques lueurs d'espoir ont été rapidement éteintes, et chez les parents, chez les analystes politiques et dans la majorité de l'opinion règne l'incertitude.

Actuellement, on attend encore la réponse des FARC à la proposition des gouvernements de France, d'Espagne et de Suisse, déjà acceptée par le président Alvaro Uribe, pour une première rencontre des porte-parole gouvernementaux et guérilleros.

La proposition des trois pays européens inclut la démilitarisation d'un secteur étendu dans le sud-ouest du pays, ce qui était une des principales exigences de la guérilla.

Selon le dirigeant gauche de Carlos Lozano, il ne faut pas attendre grand-chose de la réponse de la guérilla, parce que le gouvernement du président Uribe "s'est précipité pour divulguer le contenu de la proposition sans attendre que cette dernière soit transmise aux FARC".

Pour Lozano, l'initiative des trois nations européennes est une avancée par rapport à d'autres, mais elle ne doit pas être vue comme quelque chose de définitif.


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