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"Nous recevons cette décision gouvernementale avec beaucoup d'espoir et c'est une opportunité pour que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC- guérilla marxiste) démontrent au pays leur volonté de parvenir à la paix", a affirmé de son coté Mme Fabiola Perdomo, porte-parole de 12 anciens députés otages des rebelles.
Mardi soir Alvaro Uribe a accepté la proposition de trois pays européens -France, Suisse, Espagne- de créer une zone démilitarisée de 180 km2 sous contrôle international dans le sud-ouest de la Colombie afin de négocier avec les FARC. Selon la proposition européenne, quelque 40 observateurs internationaux ainsi que des membres de la Croix rouge internationale, garants de la sécurité des négociateurs, seront présents pendant ces entretiens."Les FARC vont être confrontés à un dilemme parce que cette proposition n'émane pas du gouvernement colombien mais de la communauté internationale. S'ils cèdent, ils tombent dans la stratégie électorale d'Uribe qui se renforce politiquement et, s'ils refusent, ils disent non à la communauté internationale", soutient l'universitaire Vicente Torrijos. "Il est prévisible que la réponse de la guérilla soit négative", ajoute-t-il.
Dans son éditorial, intitulé "il n'y a pas beaucoup à attendre", le quotidien national El Tiempo est également pessimiste."Les FARC, écrit le journal, ne sont pas disposés à donner des votes supplémentaires au candidat-président Uribe (ndlr: élections en mai 2006). De toute manière, le gouvernement a déjà gagné en mettant la balle dans le camp de la guérilla et seuls les FARC peuvent perdre politiquement".
Mme Pulecio, comme de nombreuses autres familles d'otages, déplore le manque de discrétion qui a entouré ces négociations "entreprises à l'initiative de la France" et annoncées par le gouvernement colombien avant même que la guérilla n'ait donné son accord.
Dans un communiqué publié mercredi par l'agence ANNCOL (proche des FARC) et daté du 5 décembre, le secrétariat de l'état-major des FARC lance un appel aux Colombiens pour qu'ils élisent un gouvernement "différent du gouvernement de guerre présidé par Uribe". Dans ce contexte la direction du mouvement rebelle écrit: "les familles des prisonniers de guerre voient s'éloigner la possibilité de signer un accord humanitaire".
Les FARC avaient réclamé début août comme condition préalable à des négociations "le retrait de la force publique des municipalités de Pradera et Florida (sud-ouest)" soit la démilitarisation d'une zone plus importante et plus peuplée que celle proposée par les 3 pays européens.Jusqu'à présent les autorités avaient catégoriquement repoussé cette condition préalable invoquant notamment des raisons de sécurité et d'intégrité territoriale. Ainsi l'acceptation du président est interprété par la majorité des Colombiens comme une importante concession.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie, 17.000 combattants, réclament la libération de prison de 500 de leurs hommes en échange de celle de 59 personnalités militaires et politiques, dont Ingrid Bétancourt et trois Américains.
La France et la famille d'Ingrid Bétancourt espèrent une réponse positive de la guérilla colombienne.
Fabrice Delloye, le père des deux enfants de Mme Bétancourt, estime "que la balle est maintenant dans le camp des FARC". "Mais il faut que les FARC comprennent bien que l'effort fait par la communauté internationale et par le gouvernement colombien mérite une réponse positive", a-t-il dit mercredi à l'AFP.
"C'est un moment historique extrêmement important pour la Colombie. Ça peut être un premier pas vers la paix en Colombie, vers la résolution du conflit armé", a-t-il ajouté.