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Dénonciations graves du Gouvernement d'Uribe au Parlement Européen

02/12/2004 - CM&, Europa Press

La Plate-forme colombienne pour les Droits Humains, la Démocratie et le Développement a exposé aujourd'hui au Parlement Européen le nouveau concept du paramilitarisme en Colombie dont, à son avis, les membres ont le « pouvoir politique, économique et social » dans le pays sud-américain.

« Un problème majeur dont souffre la Colombie est la paramilitarisation dont souffre le pays, militarisation qui est appuyée par la stratégie du Gouvernement du président Álvaro Uribe », a déclaré le père jésuite Javier Giraldo, coordinateur du Tribunal Populaire Permanent pour les crimes contre l'Humanité en Amérique latine.

Le paramilitarisme a été adopté comme « politique d'État » en 1962 et depuis lors il s'est consacré à « l'élimination des  sympatisants au communisme et au massacre de la société rurale; et le président Uribe ne veut pas seulement le maintenir, mais l'encourager», a continué Giraldo dans son intervention dans le débat « Droits Humains en Colombie : évaluation et perspectives des droits civils, économiques et sociaux » au Parlement Européen.

À son avis, le Gouvernement colombien actuel, « comme il l'a annoncé dans sa campagne électorale il y a deux ans, veut que la société civile toute entière devienne une collaboratrice des forces armées du pays sans plus faire de distinction entre les civils et les militaires ».

Les informations présentées aujourd'hui par le père Giraldo indiquent que durant ces deux dernières années, plus de deux millions et demi de citoyens colombiens se sont transformés en « coopérants militaires du Gouvernement Uribe, en échange d'une rémunération économique ».

« La stratégie du pouvoir colombien est de créer une zone grise où les secteurs civil et militaire sont confondus », a-t-il ajouté. « Le paramilitarisme est le bras politique de l'État et il continue à se développer par la ec violence, principalement dans les zones où la terre est la plus riche », soutient-il.

Giraldo a aussi affirmé qu'en Colombie le niveau de pauvreté de la population était passée de 55 pour cent il y a deux ans, à 66 pour cent actuellement, étant donné « la privatisation des terres et celle des services publics et sociaux ».

Abondant dans ce sens, l'auteur du livre « le sortilège continue », Hildebrando Vélez, a déclaré qu'en Colombie il y avait « une redistribution du capital grâce une stratégie de la violence» et il a affirmé que 1 pour cent des propriétaires en Colombie possèdent plus de 50 pour cent des terres du pays.

L'ESPAGNE EST AUSSI COUPABLE

 « Le patrimoine naturel colombien est redistribué en fonction des intérêts politiques des entreprises européennes et des stratégies économiques américaines ». Parmi les sociétés qu'il a considérées comme « coupables » de l'accroissement de la pauvreté, il a souligné  l'Union Fenosa espagnole , « qui est chargée des infrastructures électriques du pays et dont les services sont maintenant insuffisants parce qu'il n'est pas rentable de couvrir toute la Colombie».

Vélez, professeur universitaire en Colombie et dirigeant de la Confederación Amigos del País, a accusé aussi les Etats-Unis et il a souligné que « la Colombie a besoin d'une réforme agricole, politique, économique, d'infrastructures, et avant tout sociale ».

A ce point du débat, le représentant de la Communauté de Paix de la région de San José de Apartado, Wilson David Higuita, a dénoncé « comment on a forcé, et on continue à le faire, les paysans à procédant à des déplacements massifs de population ». Higuita, actuellement réfugié dans une Communauté voisine de San José (qu'il n'a pas nommée étant données les menaces de mort dont il fait l'objet), a insisté sur le fait que les paysans ne sont pas des collaborateurs de la guérilla et que la Communauté de San José s'est déclarée  une « Communauté de Paix en 1997.

« Quel prix avons-nous payé -- a-t-il a déclaré ? une violation énorme des Droits Humains dans la région et le meurtre de plus de 130 personnes de notre Communauté au cours des trois dernières années ». Pour cette raison, il a demandé justice et il a exigé que cesse l'impunité pour les collaborateurs du Gouvernement d'Uribe. « Nous demandons à l'Union Européenne et aux euro-députés leur solidarité, leur appui politique et la reconnaissance des Droits Humains », a-t-il dit.

RÉPONSE DU PARLEMENT EUROPEEN

Avant le débat prévu cet après-midi lors de la séance plénière du Parlement, la presidente de la Commission du Développement de l'UE et euro-députée du groupe de Gauche Unitaire, Luisa Morgantini, a déclaré « soutenir en Colombie une paix  qui ne se base pas la répression mais sur la justice ».

Morgantini a aussi affirmé que l'UE était un territoire avec des dissensions internes (comme exemple elle a mentionné l'appui de certains pays à la guerre en l'Iraq), mais qui « soutient la paix internationale et l'élimination d'une dichotomie paix et guerre ».  « Entre tuer et être tué ils y a une troisième alternative, c'est celle de vivre avec dignité », a-t-elle conclu.

Parmi l'assistance il y avait aussi le président de la délégation pour les relations avec la Communauté Andine, Alain Lipietz, du groupe des Verts, qui a assuré que « au Parlement Européen on est conscient que le problème de la Colombie est un un problème politique et qu'il y a des données suffisantes qui démontrent que chaque jour, la situation dans le pays est plus menaçante pour ses citoyens ».

Après la discussion, a eu lieu une brève présentation de la version anglaise de la seconde partie du livre « le sortilège continue : deux années de Gouvernement d'Uribe », qui selon son auteur, Hildebrando Vélez, servira à orienter mieux la contribution de l'UE au respect des Droits Humains, ainsi qu'à la paix et au développement en Colombie.

Parmi les objectifs de l'auteur figure celui qui d"exposer le sens de la stratégique de l'action gouvernementale en illustrant l'actuelle politique économique, sociale, de la justice et médiatique, en plus de montrer la situation de Communautés spécifiques avec ses besoins et ses revendications.

La Plate-forme colombienne Droits Humains, Démocratie et Développement, est formée par la Fédération Internationale de Droits Humains (FIDH), la Coordination Campagnarde Européenne (CPE), le Bureau International droits Humains d'Action Colombie (OIDHACO), le Comité Ingrid Betancourt, la Coordination Belge pour la Colombie (CBC), la Fédération Générale de Travailleurs de la Belgique (FGTB) et la Confédération de Syndicats chrétiens de la Belgique (CSC).


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