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Le gouvernement colombien accorde la grâce à 23 guérilleros des FARC

03/12/2004 - Courrier International, CyberPresse, El Tiempo, El Pais, El Nuevo Herald, El Universal, BBC, Turkish Press, France-Diplomatie

Le gouvernement colombien a décidé jeudi de gracier 23 membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste) afin de réaffirmer sa volonté de parvenir à un accord humanitaire d'échange de guérilleros emprisonnés, contre des otages.

"Vingt-trois grâces ont été prononcées. Ces personnes ont été graciées pour le délit de rébellion et pourront suivre le programme de réinsertion. Elles acceptent de renoncer à la lutte armée", a annoncé jeudi lors d'une conférence de presse le ministre de l'Intérieur, Sabas Pretelt.

Le haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a affirmé que cette mesure était "une nouvelle tentative pour convaincre la guérilla d'accepter un accord humanitaire".

Le 8 novembre, la direction des FARC avait rejeté la dernière proposition du président Alvaro Uribe d'échanger 50 guérilleros contre 59 otages permis lesquels 22 personnalités politiques dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, trois ressortissants américains ainsi que 34 militaires et policiers.

Ce rejet a plongé les négociations dans l'impasse, au grand désespoir des familles d'otages.

Le haut commissaire souhaite toutefois que "l'adoption de cette mesure de paix par le gouvernement permette d'aider les personnes séquestrées". "En faisant ce geste de conciliation, nous pensions aux otages et à leurs familles", a-t-il ajouté.

L'annonce de la libération des 23 guérilleros a immédiatement suscité un regain d'espoir parmi les proches des 1.600 otages actuellement aux mains des FARC

Mme Fabiola Perdomo, porte-parole des familles de députés séquestrés, a estimé "que des gestes unilatéraux comme celui-ci, ouvrent la voie à la négociation tant désirée entre le gouvernement et la guérilla".

Elle attend maintenant des FARC "une réponse positive afin de restaurer la confiance".

Yolanda Pulecio, la mère de l'ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle Ingrid Betancourt, détenue depuis le février 2002 par les FARC, est ébranlée par l'alternance de la part du gouvernement, de déclarations inflexibles et de gestes de conciliation.

"Notre calvaire n'a pas de nom, nous devons tout subir dans l'impuissance totale", dit-elle tout en s'accrochant à l'espoir de passer les fêtes de Noël avec sa fille.

Dans le même temps, les parents d'otages demandent au président Uribe de ne pas accepter l'extradition vers les Etats Unis, pour trafic de drogue, de l'un des principaux responsables des FARC, "Simon Trinidad", qui a autorisée par la Cour suprême colombienne.

Depuis des mois, les deux camps affirment être favorables à un échange, mais s'affrontent en permanence sur ses modalités.

Les FARC exigent notamment, afin d'assurer la sécurité de ses négociateurs, la démilitarisation de deux villes du sud du pays comme condition préalable à tout échange humanitaire, ce que refusent catégoriquement les autorités.

"Le gouvernement fait preuve de flexibilité afin de démontrer qu'il recherche un accord humanitaire et parce qu'il ne veut pas apparaître comme celui qui dialogue avec les paramilitaires et exclut les groupes de guérilla", a estimé Alfredo Rangel, directeur de la Fondation sécurité et démocratie.

Créées le 27 mai 1964 par Manuel Marulanda, alias "Tiro fijo" (dans le mille), les FARC comptent 17.000 hommes sur quelque 120 fronts resensés dans le pays.


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