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« Nous espérons bien que la réponse du Gouvernement pour des négociations sera positive », a dit Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt.
La mère de l'ex-candidate présidentielle et les parents d'autres kidnappés au pouvoir des Farc ont qualifié ce dimanche de positive une nouvelle proposition de la guérilla de ne démilitariser que deux communes du sud de la Colombie pour effectuer un échange de kidnappés contre des guérilleros emprisonnés.
Les parents de kidnappés déclarent qu'ils considérent cette initiative, reprise dans un communiqué divulgué vendredi avec la date du 28 novembre, comme une réaction possible à la grâce que le gouvernement a accordée jeudi passé à 23 rebelles, geste considéré comme « un geste unilatéral » pour aller dans la voie d'un accord humanitaire.
« Il est significatif que le communiqué des Farc, même s'il est daté de quatre jours avant la date de la grâce présidentielle, ait été publié. Ils auraient pu arrêter sa publication, mais ils ne l'ont pas fait », a affirmé à l'AFP Yolanda Pulecio.
Pour sa part, Fabiola Perdomo, porte-parole des familles des 12 députés provinciaux au pouvoir du Farc, considère que l'initiative de la guérilla est une réponse à la mesure de grâce, et a dit espérer que le président Álvaro Uribe autorisera la neutralisation des deux municipalités proposées.
« Nous recevons ceci de manière positive. Si les Farc ne voulaient pas négocier l'accord ils auraient arrêté le communiqué. C'est une réponse rapide. Nous nous rapprochons d'un accord. Nous espérons que le gouvernement acceptera de neutraliser les deux nouvelles communes pour qu'on se mette d'accord sans attendre sur une négociation face à face avec la guérilla », a dit Perdomo à l'AFP.
Dans son communiqué, les Farc demandent que la force publique s'éloigne de Florida et de Pradera (500 Km au sud-ouest de Bogota, département de la Vallée), au lieu de San Vicente del Caguán et de Cartagena del Chairá, dans le méridional département de Caquetá, où se développe le Plan Patriota, la plus grande offensive militaire contre ce groupe.
« Depuis un mois nous avions réclamé aux Farc une proposition intermédiaire », a indiqué Perdomo, en estimant que peut-être le gouvernement, qui a sèchement rejeté la démilitarisation de San Vicente et de Carthagèna del Chairá, prendra maintenant une position différente puisqu'il s'agit de deux autres municipalités.
Les Farc indiquent que Florida et Pradera sont en-dehors du secteur « où le gouvernement cultive l'illusion qu'il pourra mettre en échec la guérilla avec son Plan Patriota ».
Les deux communes « doivent réunir les garanties de sécurité nécessaires pour le déplacement de nos porte-parole, le transfert des prisonniers des deux parties à l'emplacement convenu pour l'échange et le retour après l'échange des 500 guérilleros qui doivent être libérés en application des accords », ajoute-elle.
« Le problème n'est pas le nombre de ceux qui devraient être libérés. Une fois qu'ils auront convenu de négocier, ils pourront arriver à un accord ; mais s'ils ne parlent pas face à face nos proches continueront à pourrir dans la forêt », a déclaré Perdomo.
Dans sa version de l'échange humanitaire, le gouvernement propose d'échanger 59 otages prisonniers des Farc parmi lesquels, outre Ingrid Betancourt et les 12 députés, on trouve également des congressistes, trois Américains et un groupe de policiers et de militaires.