|
||||||
Les 3 Irlandais, accusés d'entrainer les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - marxiste) et condamnés jeudi en appel à 17 ans de prison, ont mystérieusement disparu.
Les trois hommes Martin McCauley, James Monaghan et Nial Connolly, dont le tribunal a ordonné la capture immédiate, ne seraient pas en Colombie, a annoncé vendredi à Bogota le procureur général Luis Camilo Osorio.
Le responsable colombien d'Interpol, Victor Cruz, estime également que les trois Irlandais, membres présumés de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), pourraient avoir quitté la Colombie "illégalement".
Depuis Belfast, Caitriona Ruane, présidente du comité de soutien aux trois hommes et députée nord-irlandaise du Sinn Féin, l'aile politique de l'IRA (Armée républicaine irlandaise), a affirmé vendredi à radio Caracol que "ni les avocats, ni les familles des accusés ne savaient où ils se trouvaient".
La lourde condamnation en appel d'hommes qui avaient été relaxés des charges de terrorisme en première instance gène le gouvernement colombien qui reste muet sur cette étrange affaire impliquant les services de renseignements américains, l'IRA, les FARC ainsi que le ministre irlandais des Affaires étrangères, Dermot Ahern, qui "a exprimé sa surprise devant le verdict et la sévérité de la sentence".
Selon la chambre pénale du Tribunal de Bogota "les trois étrangers se sont rendus dans une zone démilitarisée pour former des hors-la-loi (allusion aux aux activités terroristes".
Les Irlandais ont également été reconnus coupables de détention de faux documents officiels.
Le bureau du procureur explique les lourdes peines par de nouveaux témoignages d'anciens rebelles des FARC affirmant qu'ils avaient été formés à la fabrication et au maniement d'explosifs par les trois Irlandais. Selon ces témoignages, les Irlandais donnaient des cours de formation aux guérilleros au moyen de vidéo et distribuaient de la documentation.
Le tribunal a également reconnu comme valides les expertises de membres de l'ambassade américaine selon lesquelles les vêtements des Irlandais portaient des traces d'explosifs.
"Cette décision est politique, ce n'est rien de moins qu'une erreur judiciaire", soutient Mme Ruane.
Toutefois ce point de vue n'est pas partagé par l'ambassade américaine.
Apprenant la nouvelle M. Henry Hilde, le président des relations internationales à la chambre des représentants américaine, a déclaré au journal El Tiempo qu'il se félicitait du verdict. "Personne n'a jamais expliqué pourquoi des experts en explosifs de l'IRA, munis de faux passeports, se promenaient dans les forêts de Colombie en compagnie de terroristes narcotrafiquants comme les FARC", a-t-il affirmé.
Le 26 avril, les trois accusés avaient été jugés innocents des charges de terrorisme mais reconnus coupables de possession de faux documents et condamnés à des peines allant de 26 à 44 mois de prison.
Ils avaient cependant été remis en liberté, après avoir passé 3 ans en prison dans l'attente du procès. Mais il leur était interdit de quitter le territoire colombien, avant la décision de la cour d'appel.
Le 28 mai dernier lors d'un sommet dans la ville mexicaine de Guadalajara, le premier ministre irlandais Bertie Ahern avait demandé au président Alvaro Uribe de renvoyer dans leur pays les trois hommes. Le chef de l'Etat avait tenté une démarche dans ce sens auprès du ministère de la justice, mais s'était heurté à un refus.
En attendant le mystère reste entier. On ignore si les trois Irlandais, qui pendant deux mois ont refusé de sortir de prison car, affirmaient-ils à l'époque, leur vie était en danger, ont rejoint les jungles du sud où sont regroupés les guérilleros, ou s'ils ont quitté clandestinement la Colombie?