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Uribe veut réformer la Constitution pour être réélu

26/08/2009 - CyberPresse, AFP, MercoPress

Le Congrès colombien devait se prononcer mardi sur un projet de référendum ouvrant la voie à une possible réélection du président Alvaro Uribe pour un troisième mandat, jusqu'ici interdite par la Constitution.

Après le feu vert du Sénat la semaine dernière, c'est au tour de la Chambre des représentants de se pencher sur la proposition, qui a fait l'objet de négociations tortueuses depuis deux mois. Si la chambre basse donne à son tour son aval, le référendum devrait être convoqué d'ici la fin de l'année, afin que la réforme de la Constitution puisse être appliquée pour le prochain scrutin présidentiel, en mai 2010.

M. Uribe n'a pas encore dévoilé s'il souhaitait briguer un troisième mandat, malgré une popularité record (68%), due aux succès rencontrés dans la lutte contre la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et à une croissance économique sans précédent.

Toutefois, il a réuni mi-août des députés de sa majorité pour leur demander de soutenir l'approbation du projet de référendum.

Le chef de l'État avait été réélu une première fois en 2006 grâce à une autre réforme de la Constitution, qui à l'époque n'autorisait aucune réélection.

Il avait alors suivi l'exemple lancé dans les années 90 par les présidents argentin Carlos Menem (1989-1999) et péruvien Alberto Fujimori (1990-2000), qui avaient fait appel au vote populaire pour obtenir le droit de rester au pouvoir.

Depuis, leur exemple a fait tache d'huile en Amérique latine, puisque 14 des 18 pays démocratiques de la région autorisent la réélection de leur président, avec ou sans conditions.

Seuls le Mexique, le Paraguay, le Guatemala et le Honduras interdisent toujours au chef de l'État d'effectuer plus d'un mandat.

Dans ce dernier pays, le coup d'État du 28 juin a d'ailleurs été justifié par ses auteurs au nom du projet du président déchu de Manuel Zelaya de réformer la Constitution pour autoriser la réélection du chef de l'État.

En Colombie, le texte en débat au Congrès est fortement critiqué par l'opposition (gauche et centre), qui dénonce les cadeaux offerts aux parlementaires -promotions ou subventions pour leurs régions- en échange de leurs votes.

Les autorités électorales ont, quant à elles, jugé illégal le processus en cours.

Même l'Église catholique, allié traditionnel d'Alvaro Uribe, l'a appelé à ne pas s'accrocher au pouvoir. «Deux mandats, c'est suffisant», a déclaré le mois dernier le cardinal et archevêque de Bogota, Pedro Rubiano.

«Je ne veux pas être considéré comme quelqu'un qui s'accroche au pouvoir, mais je veux être sûr de la pérennisation de la politique de sécurité démocratique ou des mesures destinées à regagner la confiance des investisseurs», a déclaré la semaine dernière le chef de l'État colombien.

«D'autres présidents de la région avaient utilisé le même argument», relève néanmoins le politologue Leon Valencia, en faisant référence au président vénézuélien Hugo Chavez et à son homologue équatorien Rafael Correa, qui ont récemment réformé la Constitution de leur pays pour pouvoir être réélus.

D'autres analystes estiment que toute l'Amérique latine est en train de se convertir lentement à un nouveau modèle de gouvernance.

«La tendance sur le continent est de profiter de la faiblesse des partis, de l'influence des médias sur l'opinion publique et de la forte personnalité des dirigeants pour personnaliser la politique», estime ainsi le sociologue Francisco Leal Buitrago de l'Université nationale de Bogota.


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