La revue de presse   de  www.InfoLibertad.com 

>Ajouter cette page à mes favoris
Traduction :   >Free.fr  >Mini-Translator

> Sélection d'articles significatifs parus dans les 12 derniers mois


Uribe tolère l'essor des paramilitaires en Colombie

23/08/2009 - Publico, Upside Down World

Quelque 10.000 hommes armés terrorisent les paysans colombiens avec une totale impunité

Sous diverses dénominations qualifiées génériquement de « bandes émergentes » on assiste dans la plus grande partie du territoire colombien à une recomposition du phénomène paramilitaire avec les mêmes éléments qui étaient présents au début des années quatre-vingt-dix : trafic de drogue, extorsion, vol de terres avec déplacement forcé et intervention dans la politique. L'insécurité et le crime s'étendent en Colombie, démontrant l'échec évident de la doctrine sur laquelle le président Álvaro Uribe a fondé sa ré-élection : la « sécurité démocratique ».

Pour la politologue Claudia López, qui a soulevé le scandale de la parapolítique, « les faits démontrent que si le FARC disparaissaient aujourd'hui, les chiffres de la violence, à l'exception les morts par attentat et à cause des mines anti-personnel, resteraient pratiquement les mêmes». Le Gouvernement d'Uribe a centré sa politique de sécurité sur la défaite de la guérilla, alors que le phénomène le plus étendu dans tout le pays est la résurgence du paramilitarisme. Selon la Police Nationale, le problème concernerait huit bandes avec 4.500 membres. Mais diverses ONG et la Defensoría du Peuple ont enregistré plus de 82 bandes qui opèrent dans 273 communes, avec au moins 10.000 hommes bien armés, la moitié d'entre eux étant d'anciens paramilitaires, soi-disant démobilisés.

Le président ne pense qu'à remporter la victoire sur la guérilla, mais détourne son regard de milliers de meurtres

Depuis le début de son second mandat en 2006, Uribe a entrepris un processus de démobilisation pactisée avec les paramilitaires, regroupés pour la plupart dans les AUC (Auto-défenses Unies de Colombie). On a organisé des redditions publiques d'armes, avec la participation d'organismes internationaux et jusqu'à l'intervention de leurs dirigeants principaux comme Salvatore Mancuso qui a été invité au Parlement pour y expliquer les « services » rendus à la Colombie dans sa lutte contre la guérilla. En réalité, comme l'a dénoncé dès le début la mission de suivi de l'Organisation des États Américains, on n'a pas rendu la totalité des armes, mais on a gardé celles qui étaient les plus modernes, et le paramilitarisme s'est vite réorganisé dans des zones comme Nariño, Cordoba, la Guajira ou le Bolivar. Dans le nord de Santander, Mancuso lui-même a reconstruit, grâce à ses lieutenants, le redoutable Bloc Catatumbo, responsable de quelque 2.000 meurtres.

A Sucre, les hommes de Jorge 40, actuellement extradé comme Mancuso aux USA pour le seul trafic de drogue (et non pour les crimes du paramilitarisme) ont reconnu au moins 1.500 assassinats, qui n'ont reçu aucune punition, et ils continuent à opérer, en combinant le déplacement forcé de paysans avec l'activité légale par le biais de politiciens, de chefs d'entreprise et de fonctionnaires. En réalité, le paramilitarisme n'a réellement jamais été puni pour ses massacres et ses affaires illicites.

Les bandes émergentes plus importantes qui sévissent dans le pays sont : les Aigles Noirs, qui agissent à Cordoba, Santander, le Magdalena Moyen, Antioquia et même dans les quartiers populaires de Bogota, comme San Cristóbal ; les Rastrojos, héritiers du cartel du nord de la Vallée du Cauca et qui s'étendent sur une grande partie du pays, et les Paisas. Tous pratiquent leurs activités de toujours (trafic de drogue, extorsion, vol de terres et déplacement forcé des paysans, avec le viol comme moyen de pression) et ils agissent dans 25 des 32 départements de Colombie.

La politique « est plus que jamais envahie par la maffia et par la corruption », assure un analyste

Ils interviennent aussi en politique avec la persécution de dirigeants communautaires, d'organisations de défense des droits humains et de victimes, et ils se sont infiltrés dans les structures de l'État. Le scandale le plus récent a été celui du chef du Ministère public de Medellín, Valence Cossio, frère du ministre de Justice, dont l'activité était présumément liée au service des redoutable paramilitaires de la région, et qui se trouve aujourd'hui en attente de jugement.

La Defensoría du Peuple elle-même a fait l'objet d'actions de la part du nouveau paramilitarisme. En réalité, rien n'a changé car, comme l'indiquent des sources de cette institution : « Il s'agit du regroupement des paramilitaires qui avaient été démobilisés et qui continuent à recruter des mineurs ». Le 11 août dernier, ils se sont introduits dans le bâtiment de la Defensoría à Cordoba, et on a seulement volé un ordinateur qui contenait les informations sur les violations des droits humains par les paramilitaires et par les forces de sécurité. La même chose a arrivée dans les sièges de Barrancabermeja et de Carthagène.

3,5 millions de déplacés

Selon le Défenseur du Peuple, les menaces contre les ONG et les défenseurs des Droits Humains sont constants à Bogota, dans le César, le Magdalena et le Bolivar. Il y a constamment des crimes et des menaces dans le but de chasser les paysans de leurs terres. Il y a aujourd'hui en Colombie plus de trois millions et demi de déplacés et leur nombre continue à augmenter.

Toutefois, le Gouvernement d'Alvaro Uribe ne réagit pas au phénomène, n'agit que de manière faible et traite l'action paramilitaire (meurtres, extorsions, expulsions) comme des actes isolés de « délinquance commune ». De plus, on constate souvent une connivence entre les forces de l'ordre et les bandes de paramilitaires, "arrosée" partout par les bénéfices fabuleux du trafic de drogue.

Comme écrivait cette semaine l'analyste Claudia López dans le journal El Tiempo : « Le trafic de drogue est blanchi et légitimé par le biais de politiciens et de fonctionnaires avec la complicité de gouverneurs, de maires, de colonels et de toute une gamme de fonctionnaires publics et de chefs d'entreprises légales, au prix de dizaines de milliers de morts ». Avec plusieurs dizaines de parlementaires qui avaient soutenu Uribe lors de sa première réélection et qui sont maintenant en prison pour leurs liens avec le paramilitarisme, la politique colombienne, selon López, « est plus que jamais envahie par la maffia et la corruption».


>Tous les titres du mois 


> Poser une question,
   envoyer un commentaire

>www.InfoLibertad.com