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Des images inédites de la libération d'Ingrid Betancourt contredisent la version officielle. L'usage de l'emblème protecteur du CICR ne serait pas une «erreur» d'officier nerveux «à la dernière minute», mais bien une partie essentielle du plan. Le CICR s'alarme.
Regardez bien ce cliché. L'image est tirée d'une vidéo filmée avant l'opération «Echec!» qui a libéré le 2 juillet Ingrid Betancourt et 14 autres otages. Tournée par ou pour les forces armées, la séquence vient d'être diffusée lundi soir par la télévision colombienne RCN. On y voit, nous dit-on, le commando posant lors des préparatifs. Les visages sont certes floutés. Mais oh surprise! on distingue clairement l'emblème protecteur de la Croix-Rouge porté par l'un des membres de l'équipe plutôt décontracté.
Mine de rien, cela fait voler en éclats la thèse officielle. Après avoir longtemps nié toute utilisation abusive de l'emblème du CICR, le président Alvaro Uribe s'était excusé le 16 juillet, reconnaissant une «erreur» commise par un officier trop «nerveux» qui avait pris peur en voyant les FARC et enfilé au dernier moment le gilet du CICR. Au contraire, la vidéo de RCN semble démontrer que le port de l'emblème était prémédité.
Au siège genevois du CICR, le porte-parole Florian Westphal ne cache pas l'inquiétude de l'organisation humanitaire, qui travaille depuis quarante ans en Colombie. «L'emblème représente notre neutralité et notre indépendance. C'est parce qu'il est respecté de part et d'autre que notre personnel peut traverser les lignes de front et porter assistance aux populations en danger.»
Le CICR exige des explications sur la libération de Betancourt
"Si elles sont authentifiées, ces images pourraient établir clairement un usage impropre de l'emblème de la Croix-Rouge que nous déplorons. Nous sommes en contact avec les autorités colombiennes pour obtenir de nouveaux éclaircissements", a déclaré le directeur adjoint des opérations du CICR, Dominik Stillhart, dans un communiqué.
Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a déclaré ne pas être au courant de tous les détails de l'opération de sauvetage et a réclamé une enquête sur les conditions de tournage du film et de sa transmission aux médias.
AFP