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Larmes d'Ingrid Betancourt, scènes de liesse des otages, neutralisation d'un ravisseur : une chaîne de télévision colombienne a diffusé un document d'une heure, filmé par l'armée.
Seules deux minutes d'images avaient jusqu'à présent été montrées pour calmer la polémique. Plus d'un mois après la libération d'Ingrid Betancourt (Voir notredossier spécial) et de 14 autres otages détenus par les Farc, la chaîne de télévision RCN a dévoilée lundi soir des images inédites de l'«operacion jaque» (opération échec et mat). Il s'agit d'un document d'une heure, composé de plusieurs vidéos et de 1.200 photos réalisées par l'armée colombienne.
Sur le site Internet de RCN, seule une bande-annonce de 2 minutes a été mise en ligne. En revanche, les 40 premières minutes du film (en 4 épisodes) sont disponibles sur Youtube.
Le film commence par une scène de joie, les otages sautent dans les bras du chef de l'armée, le général Mario Montoya, après l'atterrissage de leur hélicoptère à la fin de la mission.
On y voit également un membre des Farc capturé être traîné sur plusieurs mètres au sol, en sous-vêtements, pieds et poings liés.
Des images tournées à l'intérieur de l'appareil durant l'opération et les larmes de joie d'Ingrid Betancourt et d'un autre ex-otage suivent dans l'enregistrement.
Le deuxième volet du document, agrémenté d'une musique de film d'action, s'attarde principalement surtout de la préparation technique et les scènes de répétition de la mission.
Les militaires, dont le visage a été flouté, sont notamment filmés en train de repeindre et maquiller blanc deux hélicoptères MI17 pour les faire passer aux yeux de la guérilla marxiste pour des appareils humanitaires.
La troisième séquence permet de découvrir l'intérieur d'un hélicoptère, avant l'arrivée des otages libérés. Un magazine et un survêtement blanc ont été disposés à chaque place, à leur intention.
C'est dans le quatrième volet du document qu'on découvre de nouvelles images du coeur de l'opération. Le film permet de voir le militaire déguisé en journaliste brandir son micro au logo de la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur pour faire semblant de poser des questions à des membres des Farc et à certains otages.
Le film revient ensuite directement sur l'explosion de bonheur des otages une fois libérés, dans l'hélicoptère. Ingrid Betancourt, sacrée de «reine de l'opération» en voix-off, tente de calmer l'enthousiasme des autres ex-otages de peur que leurs mouvements de joie ne fassent s'écraser l'appareil.
Une séquence vidéo de 3 minutes filmée par un membre des commandos spéciaux de l'armée colombienne a déjà été rendue publique le 3 juillet. Elle montrait les otages les mains liées traversent une plaine pour rejoindre un hélicoptère, puis l'annonce aux otages qu'ils sont libres.
Images sur l'abus de l'emblème du CICR en Colombie
Les séquences qui ont été diffusées étayent la thèse selon laquelle l'utilisation abusive de l'emblème du CICR aurait été intentionnelle et remettent en question la version des événements qu'avait donnée le président colombien Alvaro Uribe.
Les images montrent notamment qu'un soldat colombien portait déjà une veste avec l'emblème du CICR avant le début effectif de l'opération, soit avant qu'il monte dans l'hélicoptère qui l'a amené dans la région tenue par les FARC.
Dans un premier temps, le gouvernement colombien avait nié toute utilisation abusive de l'emblème du CICR. Mais, à mi-juillet, le président Uribe avait finalement reconnu qu'un des soldats avait passé une telle veste en raison de "sa grande nervosité" au moment où il a vu le nombre de rebelles.
Les images diffusées lundi soir ne confirment pas cette version des faits. Le soldat en question s'est d'ailleurs laissé fotographier en compagnie d'autres membres du commando de libération.
La télévision a en outre montré des images où au moins un des membres des forces colombiennes tient une arme de poing. Jusqu'à présent, l'armée avait toujours affirmé que tous les soldats ayant participé à l'action n'étaient pas armés.