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Malgré la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez, le dossier des otages en Colombie semble toujours dans l’impasse après le refus poli des FARC et le rejet par Bogota de toute zone démilitarisée pour l’échange, notaient lundi des spécialistes du dossier.
La guérilla marxiste a décliné l’offre de M. Chavez d’organiser au Venezuela la libération de 500 rebelles détenus contre celle un groupe de 45 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ex-candidate des Vert à la présidentielle colombienne, enlevée le 23 février 2002. Dans une interview au quotidien argentin Clarin publiée dimanche, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Raul Reyez, a « remercié » M. Chavez de sa proposition, tout en le priant de convaincre le gouvernement colombien d’accepter la démilitarisation d’une zone de 800 km2 autour des localités de Florida et Pradera (sud-ouest). Mais le ministre colombien de l’Intérieur, Carlos Hoguin, a réagi dès lundi en affirmant que le gouvernement n’accepterait « ni les pressions des FARC, ni la démilitarisation ».
« Tout est possible, sauf un retrait militaire », a souligné le ministre. Selon l’analyste Leon Valencia, ex-guérillero de l’Armée populaire de libération (EPL), un mouvement aujourd’hui démobilisé, les FARC et le président colombien Alvaro Uribe suivent la politique du « négocier sans céder ». « Chacune de leur proposition, ils la font avec beaucoup d’ingéniosité et d’astuce, de sorte à céder sur quelques points, mais pas sur ce qui est fondamental, la question de la démilitarisation », explique-t-il. « Uribe introduit le président Chavez (...) pour placer le ballon dans le camp des FARC et ces dernières, qui ne peuvent refuser de parler avec lui de cette question, répondent avec malice : bien, nous parlons avec lui mais nous ne cédons pas sur la démilitarisation », décrypte M. Valencia.
Expert pour la Fondation sécurité et démocratie, Alfredo Rangel relève que la guérilla n’a pas « écarté la médiation de Chavez », ce qui pourrait aboutir à « un accord à Caracas et un échange de prisonniers en Colombie ». Selon lui, l’intervention du président vénézuélien devrait contraindre la guérilla à accepter des « formules intermédiaires », à l’instar de la proposition formulée par la France, la Suisse et l’Espagne qui, en 2005, avaient suggéré la démilitarisation d’une zone jugée trop restreinte par les FARC.
La mère d’Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, reçue la semaine dernière avec d’autres proches des otages par M. Chavez à Caracas, continue de son côté de voir avec optimisme les nouvelles démarches du président vénézuélien. « Je nourris un grand espoir et je suis confiante que ses initiatives aboutiront à une issue positive », a-t-elle confié dimanche à la radio colombienne RCN, ajoutant aussitôt qu’il fallait « rester très prudent ».