|
||||||
Gustavo Moncayo continuera à manifester par la liberation de son fils kidnappé.
Il a attiré l'attention de la Garde d'Honneur qui surveille l'entrée du "Panteón National" au Vénézuéla.
Ceux qui le reçoivent dans ce lieu n'ont pas caché leur surprise en voyant le corps de Moncayo entouré de chaînes, comme un prisonnier sous haute sécurité.
Sur sa chemise il garde le photo de son fils Pablo Emilio, caporal de l'Armée colombienne, qui a été fait prisonnier il y dix années par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC).
Ces chaînes autour de son corps se sont ajoutées à d'autres initiatives pour promouvoir la liberation de son fils et des autres otages de la guérilla colombienne.
Moncayo a assisté à la rencontre, lundi passé, entre le président Hugo Chávez et les parents des kidnappés. Une initiative du gouvernement vénézuélien pour promouvoir l'échange humanitaire.
Le « professeur », comme toutes les victimes du kidnapping, ne perd pas l'espoir de voir son fils libre; bien plus : il dit croire aux miracles.
-Qu'est-ce que cela signifie : "enseigner", à ce moment politique tellement difícille pour la Colombie ?
- Mes étudiants, je les habitue à avoir une visión globale de notre réalité, pour qu'eux-mêmes en tirent leurs conclusions et qu'ils ne s'inclinent pas simplement devant les idées d'un seul groupe. Ce qui serait la même chose que le totalitarisme, comme la guerre.
- Après la reunion avec le président Hugo Chávez, prévoyez-vous un changement dans la situation des kidnappés de la guérilla ?
- Pour nous cette reunión a été fondamentale. Quand est apparue cette initiative de la sénatrice Piedad Córdoba - de se réunir avec Chávez- j'ai repris espoir, parce qu'avant le décès des 11 sénateurs, j'avais déjà proposé cette rencontre, mais cette idée ne disposait pas de l'appui suffisant pour se réaliser. J'espère maintenant qu'il va y avoir un changement substantiel en Colombie.
- Avec vos actions, croyez-vous que les Colombiens sont plus conscients de la réalité dans laquelle ils sont plongés ?
- Beaucoup de Colombiens - ainsi qu'en Europe ou en Amérique latine -n'ont pas encore une idée claire de la réalité et de la souffrance des centaines de personnes qui vivent dans l'angoisse et dans la peur à cause des actions de la guérilla et du kidnapping de nos proches.
Rhétorique et discours
- Beaucoup de personnes perçoivent vos actions comme une campagne politique contre Álvaro Uribe
- Je lutte pour le droit de voir mes proches en liberté. Si certains perçoivent cela comme une action politique, c'est parce que le Gouvernement a refusé un accord humanitaire, de crainte de perdre le pouvoir. Mais au contraire, il gagnerait ainsi le respect des citoyens et du monde.
-L'échange humanitaire est-il la solution définitive pour la crise en Colombie ?
- Non, ce n'en est que le commencement. L'échange doit permettre d'ouvrir d'autres portes qui pourraient améliorer la situation du pays, parce que cela ne servirait à rien de renvoyer les otages dans leurs familles puis de recommencer les attaques le mois suivant. C'est bien au-delà de cet accord que le Gouvernement doit appliquer son action politique.
-Ne craignez-vous pas qu'on n'arrive pas à un accord, que le gouvernement d'Uribe ne veuille pas négocier ?
- Pour savoir ce qui se passera, il faut négocier, il est déjà clair que la guérilla offre un échange humanitaire ; c'est un grand pas. Nous allons attendre, dans les semaines qui viennent, la réponse concernant le dialogue que recherche Chávez.
-Continuerez-vous vos activités en Colombie ?
- Je vais poursuivre ma lutte partout où je le pourrai. Les gens me soutiennent de plus en plus et il faut ouvrir les yeux au monde. Sous peu je me rendrai en France pour y obtenir plus d'appui et exercer une pression pour le dialogue.