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Découragement des enfants d'Ingrid Betancourt au 2.000e jour de captivité

17/08/2007 - Le Temps, Le Figaro, Challenges, Romandie.com, Le Monde, La Tribune, Le Journal du dimanche, 2001.com, El Tiempo, Houston Chronicle

Les enfants de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, Mélanie et Lorenzo, ont exprimé jeudi à Paris leur découragement, alors que leur mère a passé le cap des 2.000 jours de captivité aux mains des FARC et qu'ils ne parviennent pas à obtenir des preuves de vie.

Ils ont appelé la France à passer désormais par les Etats-Unis, seuls à même, selon eux, de faire pression et de convaincre le président colombien, Alvaro Uribe, d'accepter un accord humanitaire pour la libération des otages.

"Deux mille jours, on n'aurait jamais cru qu'on en arriverait là et surtout qu'on devrait endurer quatre ans et demi sans aucune nouvelle de maman, de Clara" Rojas, sa directrice de campagne, enlevées le 23 février 2002, a déclaré à la presse Mélanie Delloye, 22 ans.

"Ce qui est terrible pour nous, c'est d'avoir cette impression de remuer ciel et terre et, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, quelle que soit l'intensité de nos efforts, ils ne nous écoutent pas", a-t-elle ajouté.

De son côté, son frère Lorenzo, 19 ans, a dit que l'attente devenait "insupportable". "Chaque jour qui passe, je ne peux pas m'arrêter de penser à maman et 2.000 jours, c'est trop long."

"Tout ce qu'on demande depuis plus de quatre ans, c'est une preuve de vie de maman d'abord. Qu'on ait véritablement une preuve d'elle vivante, une preuve par vidéo", a-t-il dit, ajoutant : "Pour continuer la lutte on a besoin de cette preuve."

"Aidez-nous à crier haut et fort, à demander aux FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, guérilla marxiste) d'être humains pendant deux secondes et de nous donner une preuve de vie de maman, de Clara", a renchéri Mélanie. "On a déjà fait cette demande tellement de fois. On a l'impression de ne pas être écoutés. On ne sait plus quoi faire pour qu'ils nous entendent."

Leur père, Fabrice Delloye, a expliqué que la famille et les proches de Ingrid se trouvaient "face à deux intransigeances, celle des FARC qui veulent un accord humanitaire dans des conditions extrêmement difficiles à obtenir et celle du président Uribe, qui ne veut pas entendre parler d'accord".

"La seule solution, ce sont les Etats-Unis", a-t-il dit. "Il nous semble absolument prioritaire que les Etats-Unis, avec l'aide de la France, fassent partie du processus."

"L'engagement très fort de la part du président Sarkozy devra passer, à un moment donné, par l'aide des Etats-Unis", a assuré également Mélanie. "Sans la pression des Etats-Unis, on n'arrivera pas à convaincre le président Uribe", a-t-elle poursuivi.

Elle a rappelé que Washington avait "une influence gigantesque en Colombie" et que trois otages américains étaient "dans la jungle colombienne depuis très longtemps aussi".

Nicolas Sarkozy a obtenu début juin du président Uribe la libération de Rodrigo Granda, un responsable des FARC. Mais Granda est parti le 18 juin pour Cuba et aucun geste à la hauteur de cette libération n'est venu de la part des FARC.

"C'était une bonne initiative : les FARC n'ont pas répondu", a résumé Mélanie.

Une vingtaine de manifestations en France et dans le monde étaient organisées jeudi pour Mme Betancourt, selon la Fédération internationale des comités de soutien à la Franco-Colombienne. Le chanteur français Renaud a ainsi déployé un portrait de la captive sur le Mont Ventoux (1.912 mètres) dans le sud de la France.


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