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Le président vénézuélien rencontrera prochainement des parents de kidnappés
« Je ne veux pas créer de faux espoirs », répète la sénatrice colombienne Pieda Córdoba, après sa désignation comme "médiatrice" dans le processus de paix.
Dans la reunión qu'elle a eue ce jeudi avec le président Hugo Chávez à Miraflores, on a défini les premiers points sur lesquels il faudra travailler pour obtenir la liberation des otages kidnappés par la guérilla colombienne. Il a été prévu que Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, rencontrerait le mandataire vénézuélien la semaine prochaine à Caracas.
La sénatrice sait que son nouveau rôle dans le processus de paix sera « dangereux », mais « il ne faut pas avoir peur pour l'instant », commente-t-elle dans une interview, un jour après sa rencontre avec le dirigeant.
Córdoba n'écarte pas une future reunión en territoire vénézuélien avec les parties impliquées dans le conflit colombien, ou une rencontre entre les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et le président Chávez. « Tout dépend de la guérilla et de ceux qu'ils choisissent pour négocier », a-elle ajouté.
-Le président Chávez rencontrera-t-il Álvaro Uribe ?
- Dans deux semaines on prévoit effectivement une reunion entre eux, à laquelle assisteront d'autres personnes représentatives de cette lutte. Cette reunión est fortement nécessaire.
-Une rencontre est-elle possible entre Chávez et les FARC ?
- Je ne le sais pas, c'est une hypothèse sur laquelle il faut travailler. Je chercherai, par l'intermédiaire des émissaires, une possibilité de transmettre une communication aux FARC, au secrétariat (ndlr : l'organe directeur des farc) et à Marulanda (ndlr : le chef historique de la guérilla) pour leur demander cette reunion.
- Si cela s'avère possible, y aura-t-il des rencontres entre les parties en conflit sur le territoire vénézuélien ?
- Cette possibilité n'est pas écartée. Dans la reunion de ce jeudi, le président Chávez a ouvert la porte à tous les mécanismes nécessaires pour les négociations, depuis des rencontres entre des membres des FARC ou d'autres mouvements insurgés, avec le Gouvernement comme avec d'autres parties impliquées. De toutes manières, j'aurai une nouvelle réunion lundi avec le président Chávez.
-Qui assistera à cette rencontre ?
- Le président Chávez a accepté de recevoir dix personnes, parmi lesquelles il y aura des parents de soldats et de policiers kidnappés. Parmi eux il y aura la mère d'Ingrid Betancourt.
-Y aura-t-il une demande à d'autres pays d'entrer dans le nouveau processus de negociation ?
- Absolument. Dans ce conflit il faut reconnaître une chose importante : on ne commence pas à zéro. Il y a beaucoup de gens qui ont fait des efforts, et il sera nécessaire d'impliquer d'autres acteurs : depuis l'Église catholique jusqu'aux FARC eux-mêmes. Nous demanderons la médiation du Brésil, de l'Équateur, du Panamá, du Perou et d'autres pays de la región. Si nous pensions que nous pouvions résoudre ce problème seuls, ce serait le début de l'échec.
-Croyez-vous que les affirmations selon lesquelles Ingrid Betancourt serait en territoire vénézuélien, sont exactes?
- Si c'était vrai, et si le président Chávez était au courant de l'endroit où elle se trouve, nous aurions déjà gagné la bataille.
- Les FARC exigent le défrichage militaire de deux villages pour négocier avec le Gouvernement. Cette proposition est-elle encore viable maintenant ?
- Cette proposition est un obstacle total , de part et d'autre, mais je considère qu'elle est insurmontable si on n'accepte pas d'en parler. C'est là que je demande la mediation d'autres gouvernements, pour que je ne sois pas la seule a rencontrer les FARC.
-Les négociations du gouvernement colombien à Cuba peuvent-elles apporter un résultat, comme de nouveaux facilitateurs?
- Ces conversations ont apporté un peu de calme, il paraît qu'ils travaillent bien, et il n'y a pas de doute que les FARC et la Colombie accepteront qu'il y ait de nouveaux membres à la table de négociations.
-Est-ce que la politique colombienne a fait quelque chose pour les kidnappés au cours des dernières années?
- Je pense que non. Cela a été comme une histoire dans laquelle chacun travaille de son côté, alors qu'on devrait agir ensemble. Pour le moment je ne crois pas qu'ils peuvent changer les choses, ni qu'on peut changer ce qui se passe. Toutefois, il n'y a rien impossible.
-Votre nouvelle responsabilité est-elle une preuve de l'erreur politique d'Uribe ?
- Je ne pense pas pour le moment que le président Uribe croie que sa polítique soit différente de celle que nous cherchons à développer pour trouver une issue politique… mais comme il s'agit de de l'accord humanitaire et comme beaucoup de ses conseillers ne sont pas d'accord avec cette idée, cette decision a été opportunne.